Appel de l’assemblée écologiste de Rennes 2

Appel adopté par l’assemblée écologiste de Rennes le jeudi 7 mars.

Un climat d’insurrection

Les marches sur le climat nous ont offert un espace de rencontre et d’expression. Elles ont permis de donner de l’écho au sentiment que même si l’avenir est fortement compromis par le réchauffement climatique, il est encore temps de s’organiser et d’agir. Il nous faut acter que cette stratégie de rassemblement massif et médiatique n’a suscité aucune réaction de la part des autorités. La journée appelée de grève sur le climat n’a pas l’air non plus de les effrayer plus que ça malgré des mobilisations déjà massives de la jeunesse à l’échelle internationale.

Le mouvement des gilets jaunes lui n’en finit pas de construire, d’occuper, de bloquer, de tenir la rue avec force et détermination malgré les blessé-es, les mutilé-es et les condamnations. Face à ce mouvement c’est toute une classe politique, médiatique, économique, qui se retranche derrière des dizaines de milliers de flics censés contenir ce qui ne peut plus l’être : le désir de révolution. La question est donc de savoir ce qu’attendent les « écolos » qui s’opposent à ce même ordre que les gilets jaunes contestent, ce qu’ils attendent pour lier leurs aspirations et leurs revendications aux leurs. Parce que la dégradation de nos conditions de vie n’est pas seulement la conséquence de notre baisse du pouvoir d’achat, mais dépend aussi de la qualité de l’air, de l’eau, de la nourriture dont nous bénéficions et qui ne cesse elle aussi de diminuer. Tout le monde commence à comprendre qu’aujourd’hui, le combat pour une justice sociale et climatique est nécessairement un combat contre le capitalisme, à moins de vouloir réserver la qualité des biens communs pour une minorité de bourgeois. De la même manière que nous ne sommes pas des « ressources humaines » à disposition des patrons et des besoins des entreprises, le monde vivant n’est pas un ensemble de ressource à notre disposition et exploitable sans limite pour produire n’importe quoi.

Il nous faut acter que nos dirigeants politiques et économiques se contrefichent éperdument de ces marches à répétition sur le climat tant que celles-ci resteront de grandes messes inoffensives, dépourvues d’objectifs propres. Il nous faut comprendre que la seule chose à laquelle s’intéressent nos dirigeants est la conservation de leur pouvoir économique et politique. Ils ne voient dans le désastre écologique qui s’annonce que de nouvelles opportunités d’enrichissement, de nouvelles sources de profits et de développement économique et technologique. La réponse selon eux aux problèmes que génèrent le développement industriel et capitaliste c’est une surenchère de développement industriel et capitaliste. Ce n’est pas de la mauvaise foi. C’est une vision du monde et une stratégie qui leur est propre à laquelle nous devons opposer la nôtre. La multiplication des foyers d’auto-organisation matérielle et politique sur tout le territoire comme sur les zones à défendre, la croissance des mouvements de grève et de contestation des politiques néolibérales, la construction d’un mouvement révolutionnaire autonome des partis, des syndicats et des institutions. Il est nécessaire de se constituer en force pour agir là où nos dirigeants nous suggèrent de rester passifs et inertes en attendant qu’ils gèrent la situation. La « gestion de crise » est en effet le mode de gouvernement actuel d’où la généralisation d’un état d’exception juridique et légale dans toutes les démocraties libérales. En France par exemple, la loi anti-casseur est un énième dispositif qui vise à restreindre le droit et la liberté de manifester de manière préventive, qui accroît le pouvoir de l’exécutif et renforce les sanctions juridiques vis-à-vis des manifestants qui refusent de rester impuissants face au pouvoir et face à la police.

L’appel à la déclaration « d’urgence climatique » adressée à nos autorités ne peut donc nous convenir, car elle leur délègue la capacité à agir et indique un mode de gouvernance autoritaire d’adaptation au changement climatique. La seule urgence qu’il y a, c’est de nous organiser.

Il est temps maintenant de faire des marches sur le climat des espaces de confrontation avec nos ennemis et de perturber le cours des choses. Il est possible dans cet horizon de cibler l’activité commerciale des grandes chaînes de magasins, ainsi que les lieux de pouvoir et de décision politique, ou tout autre objectif qui permettra de créer un véritable rapport de force contre les gouvernements.

Nous appelons tous les écologistes et les territoires en lutte à converger sur Paris le 16 mars et à former un cortège anticapitaliste au sein de la marche pour le climat !

P.-S.

Pour l’actualité du mouvement sur Rennes, c’est ici.

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