Organisons nous dans nos facs pour soutenir les lycéen·e·s !

Un article initialement paru sur Paris-luttes.info

La mobilisation admirable des lycéens parisiens et de banlieue qui se soulèvent pour condamner les violences policières et soutenir Théo doit nous interpeller, nous étudiant.e.s, sur notre propre inaction. Pas une AG, pas un appel à la manifestation, pas une tentative de blocage dans les universités de Paris et sa banlieue. Heureusement que, fidèle à elle-même, Paris 8 sauve l’honneur grâce à l’occupation d’une salle pour soutenir la contestation. Avec les universités, nous pourrions envisager l’éclosion d’un mouvement offensif. Sans, nous condamnons les lycéen.e.s à subir seuls les attaques de la police et des médias, qui tentent, à un mois des élections, d’endiguer toute possibilité de contagion.

Le cortège de tête reste la grande, belle et prometteuse nouveauté du printemps dernier. En ralliant militant.e.s, étudiant.e.s, et toute personne insatisfaite des moyens traditionnels d’organisations et de luttes, le cortège de tête (et, dans une autre mesure, nuit debout) a démontré que de nouvelles formes permettaient de nouvelles jonctions.

Mais difficile de nier que, sans les appels syndicaux et les manifestations de masses, nous n’avons pas, depuis, réussi à faire réellement renaître le phénix de ses cendres.

L’absence de réaction contre le viol de Théo chez les étudiant.e.s nous amène à réfléchir sur les différences entre le printemps dernier, et aujourd’hui.

L’année dernière, tout en restant à la traine par rapport aux lycéens, les universités (au moins jusqu’à Nuit Debout) ont joué un rôle majeur dans le mouvement contre la loi travail et son monde.

Mais nous devons bien constater que ce sont les syndicats étudiants, en appelant à des AG, en rédigeant et en diffusant des tracts, en affichant les rendez-vous, en organisant des départs groupés en manif, en parlant à la télé, qui ont permis de lancer la mobilisation dans les fac. Pour lancer ce petit quelque chose dans les universités, ils n’ont eu à compter que sur des solidarités, un réseau et une visibilité qui leurs ont permis de répondre rapidement à des soucis organisationnels.
Pourtant, les événements les ont dépassés très vite. Les seuls étudiant.e.s syndicalistes qui ne le furent pas sont ceux qui ont accepté de se fondre en mettant leur énergie et leurs ressources à contribution du mouvement politique, plutôt qu’au grossissement de leurs rangs.

Aujourd’hui, nous sommes bien obligés de constater leur incompatibilité avec la lutte contre les violences policières et d’Etat. D’autres forces se sont déjà substituées à leur pouvoir d’organisation : collectifs de familles de victimes, lycéen.ne.s, groupes de personnes révoltées par la situation.
Qu’attendons-nous, étudiants, pour rejoindre ce mouvement ?

Et même si le rapport de force dans nos fac respectives est clairement en notre défaveur, des groupes, des collectifs, des étudiant.e.s, tentent de faire exister quelque chose de politique et de vivant dans chacune d’entre elles. Il s’agit à présent de renforcer et d’approfondir les liens entre les universités.
De cette façon, nous serons peut être en mesure de coordonner nos tentatives pour être capables de mener des actions simultanément ou de converger sur l’une d’entre elle.

Le but n’étant évidemment pas de se s’enfermer dans les universités et d’oublier les innombrables autres secteurs, mais plutôt de construire des solidarités effectives pour pouvoir ensuite, sortir plus fort de nos lieux d’études ou bien enfin les ouvrir.

C’est de là que nous devons partir pour organiser une riposte collective à la hauteur.

Comme première pierre à cette tentative nous appelons à une Assemblée générale INTER-FAC le lundi 13 mars à 17h à l’EHESS pour organiser la participation des universités au mouvement contre les violences policières.

En attendant, nous invitons les diverses universités à profiter de cette semaine pour :

- se saisir de la question en diffusant les rendez-vous à venir, en réactivant les différents réseaux pour se préparer et en appelant à des assemblées générales pour réfléchir aux possibilités selon les universités.

- commencer dès lors à réfléchir aux façons d’organiser un soutien effectif aux lycéen.ne.s en lutte et aux victimes des violences policières .

- participer aux manifestations et blocages lancés par les lycéen.e.s comme ce mardi 7 mars.

P.-S.

Cet appel et ces analyses concernent la situation des lieux d’études de Paris et sa banlieue car c’est celle que nous connaissons, mais nous encourageons évidemment les facs des autres villes à rejoindre le mouvement.

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