"Quelles leçons tirer du G7 ?" Textes & communiqués post-Biarritz

Expansive propose une sélection de textes qui reviennent sur les débats qui ont agité les participant·es au contre-sommet de Biarritz à propos, notamment, des stratégies d’action.

  1. Communiqué du collectif contre les violences d’État "Désarmons-les !" publié le 27 aout 2019 - lire ci-dessous
  2. Démenti de Bizi, Alternatiba et ANV-COP21 posté le 28 août à propos de l’article du Canard enchaîné - lire ci-dessous
  3. Communiqué d’Alternatiba du 1er septembre 2019 - lire ci-dessous
  4. Un contre-G7 au sommet de l’absurde sur lundi.am
  5. « Le pire contre-sommet de l’histoire » sur lundi.am
  6. Contre sommet anti-G7 : dépasser l’amertume pour imaginer l’avenir : une tribune d’un membre de la plateforme G7 Ez !
  7. "Contre-G7 : une cure de désintox ?" : communiqué du mouvement BIZI du 4 septembre

Communiqué du collectif contre les violences d’État "Désarmons-les !" publié le 27 aout 2019 sur son site (disponible ici).

Déclaration sur l’imposture “plateformiste”
Sur le contre-sommet du G7 au Pays Basque

La plateforme G7EZ, requinquée par sa promenade du samedi 24 août à Hendaye, dont le chiffre des participant.e.s a clairement été gonflé, y compris par la préfecture, écrivait avec une assurance tout a fait déplacée au vu des multiples critiques dont elle fait l’objet : « Ce contre-sommet est d’ores et déjà une réussite ».
Cette phrase résonne en nous comme un coup de marteau. Elle est la goutte d’eau qui fait déborder le vase : le temps est venu pour nous de dénoncer l’imposture de ces organisations qui depuis trop d’années tentent de nous déposséder de nos combats et négocient sans cesse notre reddition face aux violences du système capitaliste.

La plate-forme G7EZ a appelé à converger sur le G7 de Biarritz pour participer à un camp et des actions sur la base d’un « consensus d’action » qui, disons-le clairement, ne faisait aucunement consensus, ni entre les participant.e.s au contre-sommet, ni entre les participant.e.s à la plate-forme elle-même. Les collectifs Indar Beltza et IPEH Antifaxista ont d’ailleurs quitté la plate-forme à la veille du contre-sommet.

La plate-forme G7EZ a investi toute son énergie et ses finances (plus de 50 000 euros) dans la mise sur pieds d’un programme de conférences dans le centre Ficoba, majoritairement animées par des membres locaux de son réseau, mais n’a pas jugé utile de financer, ni même de penser la mise en place en amont des moyens logistiques du contre-sommet : les cantines, équipes juridiques et équipes de soins autonomes se sont déployées indépendamment d’elle et sans leur soutien effectif. Aucune connexion internet ad hoc permettant une meilleure communication entre les différents pôles du contre-sommet et l’établissement d’un media center digne de ce nom n’a été déployée, contrairement à ce qui se fait sur la plupart des contre-sommets, y compris au milieu de champs perdus au milieu de nulle part.

Aux premières heures du campement d’Urrugne, la partie la plus influente de la plate-forme, visiblement peu habituée aux pratiques autogestionnaires, s’est montrée réticente à la tenue d’assemblées générales, pensant sans doute que l’organisation du campement resterait du ressort de leurs réunions « au sommet » (sans mauvais jeu de mot).

Enfin, et c’est sans doute le plus scandaleux, la plate-forme s’est comportée tout au long du contre-sommet comme si elle pouvait agir et décider sans les centaines de participant.e.s, se contentant d’énoncer des règles de conduite que chacun.e se devait de respecter, au risque de se voir invité.e à “aller voir ailleurs”. Si leur communication est non-violente, leurs pratiques sont belles et bien autoritaires.

A plusieurs reprises, dans leurs déclarations publiques et dans des discussions à haute voix, des membres de la plate-forme ont fait preuve d’un chauvinisme présomptueux et moraliste envers les participant.e.s au contre-sommet qui n’étaient pas d’accord avec eux. On a notamment entendu : « C’est NOTRE contre-sommet » ; « Si vous n’êtes pas d’accord avec NOTRE consensus d’action, vous n’avez rien à faire au campement » ; « Il y a ici une majorité de français qui ne respectent pas le consensus d’action des basques, c’est de l’impérialisme »…

Samedi soir, le seul communiqué officiel de la plate-forme sur son site internet concernait un fait divers dénonçant l’attaque d’un photographe, celle-ci se sentant sans doute obligée d’honorer son engagement envers la préfecture à condamner moralement toute violence. Chacun se souviendra d’ailleurs de ces bénévoles de la plate-forme déployés le long du cortège en lieu et place de la police pour protéger les banques d’éventuelles actions anti capitalistes contraires à leur « consensus de non-action ».

Par ailleurs, il n’y a eu absolument aucun mot de la plate-forme sur la répression en cours ce samedi à Bayonne, sur les 68 arrestations préventives ou arbitraires, ni sur les lourdes condamnations de trois allemands de 18 à 23 ans incarcérés depuis la veille à l’issue d’un procès expéditif, alors même qu’il s’agit d’un scandale absolu. Que les membres de la plate-forme ne viennent plus nous parler de solidarité avec les prisonniers !

Enfin, la plate-forme a annulé de façon unilatérale les principales actions de blocage prévues le dimanche en se servant de la pression policière comme prétexte, comme si elle découvrait subitement l’ampleur du dispositif et s’imaginait pouvoir contester l’autorité de l’Etat et du G7 sans se frotter aux forces de l’ordre. Les metteurs en scène ont annulé la représentation de leur pièce de théâtre, démontrant encore une fois combien ils considèrent les milliers de manifestant.e.s comme des figurant.e.s. Pris au dépourvu, ces derniers n’ont pas pu organiser d’action d’ampleur à la dernière minute, mais ont improvisé un rassemblement de soutien avec les personnes en garde-à-vue au CRA d’Hendaye. Heureusement que la présence d’esprit des participant.e.s au contre-sommet a su pallier l’incurie et l’absence de réflexes politiques des plateformistes…

Pour achever le tout, la plateforme a organisé dans son coin une conférence de presse le lundi midi (à la cité de l’Océan, à deux pas de la zone interdite) pour y faire une déclaration convenue sur le méchant Macron et ses méchant.e.s allié.e.s, mais s’est bien privée de faire un bilan circonstancié et critique sur le déroulement des jours précédents : pas de bilan chiffré de la répression, pas d’explication cohérente sur l’annulation des actions de la veille, pas de topo sur le contenu des négociations incessantes avec la préfecture, rien sur les entraves à la défense rencontrées par la Legal Team, ni sur l’infiltration de l’organisation du contre-sommet par une taupe policière, rien sur le bilan financier du contre-sommet et la frilosité à soutenir les collectifs qui se sont crevé pour faire exister le campement permettant à leurs militant.e.s de participer à leurs conférences et “actions”… En fin de conférence, 40 personnes sont allées se frotter symboliquement à la zone rouge en levant les bras pour les caméras, dans une ultime mascarade certainement négociée avec le préfet, qui a laissé chez certain.e.s militant.e.s, basques compris.e.s, un sentiment d’humiliation.

Pour avoir des informations (ne cherchez pas sur le site de la plate-forme) sur le déroulé du contre-sommet, consultez : https://g7borroka.info/

Sur le consensus d’action et les réseaux de désobéissance civile

Nous vivons depuis près de vingt ans un très dangereux glissement totalitaire, qui s’accompagne d’une militarisation inexorable de la société et d’une répression toujours plus féroce des mouvements de révolte populaire. Ce glissement nécessite une riposte vive et sans compromis avec l’ordre établi. Tout autre posture n’est qu’arrivisme et imposture réformiste.

Pourtant, tout à fait hors des réalités, des organisations de lobbying citoyenniste comme ANV, Bizi Bayonne, Alternatiba ou Les Désobéissants continuent de vouloir pacifier la situation et nous pousser à une non-action idéologique qui fait le lit du totalitarisme. Pire, elles se servent au Pays Basque de l’expérience de la lutte armée pour faire la leçon et légitimer un renoncement à toute forme d’action radicale, faisant des conditions négociées de leur reddition la seule alternative possible au capitalisme sécuritaire et à sa violence systémique.

Chaque année, ces organisations produisent une littérature foisonnante pour tenter d’imposer une vision unique de la lutte, faisant de la dissociation, de la délation et du culte des martyres un dogme auquel chacun se doit d’obéir, sous peine de subir l’ostracisation, voire la dénonciation aux Autorités. Ces organisations n’hésitent pas à s’entendre avec les préfectures et I’État pour se débarrasser de personnes dont les idées ou modes d’action font ombrage à leur stratégie de communication non-violente et à leur réformisme béat. Nombre de leurs communiqués publics se scandalisent des actes de révolte populaire et reprennent la terminologie des criminologues pour dénoncer les « actes intolérables » dont se rendent coupables des prolétaires trop agités à leurs yeux. On est dans les mêmes discours réactionnaires qualifiant de « délinquance » la révolte de celles qu’on qualifie historiquement de « classes laborieuses, classes dangereuses. »

A l’automne 2015, ANV Cop21, qui n’est que l’une des nombreuses émanations plateformistes du réseau de la « désobéissance civile et non-violente » produisait un « document interne » qui devait servir de charte à ses militant.e.s, reprenant les grands principes de l’action non violente.

Cette charte est l’un des plus gros scandales qu’une organisation prétendument contestataire aie jamais produit. Au fil des pages, on découvre avec stupeur une série d’images mettant dos à dos des militant. e. s radicales/aux et des acteurs de la désobéissance civile, dressant un listing des « mauvais comportements » mieux que ne le ferait un rapport de gendarmerie. On pourrait s’attendre à une classique dissociation par rapport à des pratiques émeutières et de sabotage (rien d’étonnant pour des organisations contre-révolutionnaires), mais la dissociation ne s’arrête pas là. En effet, au-delà de ce que ces inquisiteurs qualifient d’agressions physiques, reprenant allègrement la terminologie policière, la charte dénonce indistinctement toute « parole ironique, méprisante, blessante », toute « moquerie ou stigmatisation », prescrivant de « ne pas crier sur les gens », de ne pas avoir de « regard provocateur ou de geste insultant », « d’attitude menaçante », d’éviter « tout ce qui peut faire monter la tension (courir, crier, faire des gestes brusques) », de ne pas porter « cagoule, foulard, lunettes de soleil ou de ski qui masquent le visage, pas de masque « anonymous » ni de masque à gaz », etc.

En cas d’agression par les forces de l’ordre, à savoir « charges et coups de matraques », les manifestant.e.s sont invitées à… « s’asseoir » ! L’auto-défense elle-même ne bénéficie d’aucune considération aux yeux de ces organisations réactionnaires, qui font du sacrifice le cœur de leur action.

L’ignominie dissociative va jusqu’à jeter l’opprobre sur des victimes de violences d’État, comme cette personne apparaissant sur une photo de la quatrième page de cette charte et présentée comme un « mauvais manifestant » parce qu’elle tourne le dos à des policiers et porte une pancarte indiquant « grâce à vous ma vie a changé merci » assortie d’un smiley avec une croix sur un œil. L’image est accompagnée du commentaire « pas de parole ironique, insultante, blessante… ». Seul soucis, la personne ici critiquée a perdu un œil à cause d’un tir de LBD 40 le 22 février 2014 à Nantes.

A Nantes, ces artisans de la soumission sont allés jusqu’à mettre sur pied un contingent de délateur/ices, habillé.e.s de blanc, chargé.e.s d’isoler les manifestant.e.s radicaux, de les extraire des cortèges, voire de les remettre à la police. Cette pratique collaborationniste, qui heureusement a été un échec sur Nantes, s’est retrouvée lors du G7 de Biarritz dans un document qui a circulé parmi la foule : « Face à des personnes à visage masqué, à une situation de dégradation de biens ou d’agression physique (…) entourez le groupe en s’éloignant suffisamment pour ne pas se mettre en danger et lever les mains ouvertes en l’air en les regardant pour montrer que nous n’adhérons pas à l’acte de violence et en faire un acte isolé ». Effrayant.

A I’occasion des manifestations sur la voie publique, l’acharnement de ces organisations à penser des dispositifs pour neutraliser toute colère et toute révolte, notamment en déployant des volontaires en chasubles ou affublés de blanc pour protéger les banques, canaliser la foule, faire des chaînes ou ramper à terre devant les forces de l’ordre, sont autant de façons de matérialiser avec leurs corps leur refus de se battre pour I’avenir des nouvelles générations et de confier leur sort au bon vouloir d’éventuels tyrans éclairés qui leur épargneraient toute souffrance. Ou à la police, avec cette croyance ou certitude naïve que la violence d’État peut être évitée si l’on se montre gentil, niant du même coup des décennies d’histoire populaire faite d’oppressions de classe, racistes et sexistes : non, il ne suffit pas de « ne rien avoir à se reprocher » pour échapper à l’arbitraire.

Ces organisations, après avoir rendu les armes face à l’impérialisme de l’Etat capitaliste, font pression sur les mouvements sociaux pour les pacifier à l’excès, devenant ni plus ni moins des auxiliaires de police. Dans d’autres contextes, on appelle ça des traîtres.

Comme toujours à l’occasion de contre-sommets à dimension internationale, des organisations ayant pignon sur rue mais sans aucun rayonnement au-delà des frontières locales ou nationales, profitent de la logistique et des forces des réseaux anarchistes pour se prévaloir d’un statut qu’elles ont usurpé : cantines, équipes medics, équipes juridiques… Sans compter les pratiques d’autonomie et les nombreux moments d’échanges et de réflexion collective, qui sont initiés et portés principalement par des participant.e.s extérieures à leurs plate-formes.

A défaut d’être en capacité de compter sur de véritables structures autogestionnaires, la signature de quelques chèques leur permettent de faire illusion en louant les locaux d’un centre de conférence afin d’y organiser un simulacre de débat public, qui n’a rien à envier à ceux de la commission nationale du débat public, avec ses animateurs et figures intellectuelles autoproclamées ou faussement légitimes monopolisant l’espace pour faire la promotion de leurs intérêts politiciens ou de leur ego. D’autres, invité.e.s grâce à l’entremise de personnes essayant d’apporter un contenu politique à la chose, servent sans le savoir de caution à d’autres pour promouvoir leur lobbying pacificateur.

Sans compter que ces organisations surfent sur un imaginaire libertaire et anti-autoritaire, alors même que leurs structures internes, modes de fonctionnement et la sélection par l’argent qu’ils impliquent, témoignent de logiques autoritaires. La seule évocation d’un consensus d’action décidé à quelque-un.e.s pour servir de ligne de conduite à des milliers d’autres est une insulte à 200 ans de combats libertaires et anarchistes pour promouvoir le libre-arbitre et l’autonomie de chacun. e. Qu’on ne nous prenne pas pour des con.ne.s, on ne passe pas de trente ans de lutte armée au sein de groupes communistes autoritaires à un alternativisme babos sans conserver les vieux réflexes disciplinaires qui permettent de garder la face…et de régler ses comptes avec ses détracteur/ices. Sans compter les leaders charismatiques qui interagissent avec leur entourage comme des gourous de sectes, suscitant fascination et crainte, tout en ayant le quasi monopole de la communication officielle de leurs organisations…

Le 25 août la plateforme G7EZ écrivait : « L’objectif de la plate-forme était d’être visible, c’est un succès ». Tout est dit. Les représentations théâtrales de ces organisations, qui sont autant de soubresauts trahissant une incapacité à investir sincèrement le champ des révoltes populaires autrement qu’en proposant des alternatives gentillettes et absolument non subversives, ont fini d’épuiser notre patience. Nous soutenons évidemment la manifestation d’Hendaye, à savoir les centaines de personnes de bonne foi venue faire la démonstration de leur désaccord, mais pas les cadres autoritaires et de dissociation dans lesquels elle s’inscrit.

Notre colère les angoisse, parce qu’ils sont conscients d’avoir choisi de se compromettre avec le monde qu’on combat. Ne nous laissons plus paralyser, l’illusion et l’imposture doivent éclater au grand jour. C’est ce que prétend faire cette déclaration.

Nous sommes déterminés, mais nous ne sommes pas calmes !

"Canard Enchaîné sur le G7 : démenti de Bizi, Alternatiba et ANV-COP21" posté le 28 août, (disponible ici).

Bizi, ANV-COP21 et Alternatiba tiennent à démentir catégoriquement l’information du Canard Enchaîné selon laquelle « En échange d’une annulation des sept rassemblements de désobéissance civile, les responsables des deux groupes d’activistes locaux ont eu l’autorisation officieuse de défiler le dimanche dans Bayonne, lors de la marche dite « des portraits » (à l’envers) ».

1) La marche des portraits était organisée par Bizi, ANV-COP21 et Alternatiba.

Ni Alternatiba ni ANV-COP21 n’étaient membres des 2 plateformes organisatrices du Contre G7. Le mouvement basque Bizi était quant à lui membre de la plateforme basque G7EZ, mais ne s’était associé qu’à l’organisation du contre-sommet et de la manifestation du samedi 24 à Hendaye et à Irun.

Bizi n’a jamais été co-organisateur des 7 rassemblements prévus le dimanche à midi (dénommés rassemblements Arc-en-Ciel).

Du coup, ni Bizi, ni Alternatiba, ni ANV-COP21 n’ont participé aux réunions et aux discussions ayant conduit à l’annulation des 7 rassemblements, et nous ignorons d’ailleurs les raisons ayant conduit à cette annulation.

2) 6 jours avant la marche des portraits, le sous-préfet des Pyrénées-Atlantiques M. Hervé Jonathan a contacté Bizi pour savoir ce que nous comptions faire exactement le dimanche 25 août. Il voulait notamment savoir si nous comptions défiler avec les portraits présidentiels, ce qui pouvait causer une « dégradation de l’image présidentielle ». Nous avons refusé de lui donner quelque information que ce soit sur nos intentions, s’agissant d’une action de désobéissance civile. Nous lui avons demandé de prendre ses responsabilités et indiqué que tous-tes nos militant-e-s étaient prêts à se faire arrêter et à assumer les conséquences de leur participation à cette marche non autorisée. Nous n’avons absolument rien négocié, et évidemment pas l’annulation de rassemblements dont nous n’étions pas organisateurs.

3) Ne sachant pas quelle allait être l’attitude de l’Élysée et ses consignes aux forces de l’ordre, nous avons organisé notre marche des portraits en prenant pour hypothèse que le centre ancien serait complètement encerclé par la police, et que la police essaierait d’empêcher la marche à partir du moment où les portraits Macron réquisitionnés ces derniers mois seraient brandis (tête à l’envers). Nous avons fait rentrer 200 de nos militant-e-s dans des appartements et locaux du centre ancien le samedi en début d’après-midi pour déjouer le possible encerclement du quartier. Et tous-tes étaient prévenu.e.s du risque d’arrestation le lendemain, et en possession du numéro de deux avocat-e-s à faire désigner en garde-à-vue.

4) Les autorités ont finalement laissé faire la marche des portraits se retrouvant devant un dilemme où elles perdaient à tous les coups. Arrêter des centaines de militant-e-s climat non-violents, en possession de tableaux emballés dont la plupart étaient des leurres, reproductions de Van Gogh et de Gauguin ou des natures mortes quelconques, le tout devant 200 journalistes du monde entier, a dû paraître à leurs yeux un scénario plus coûteux politiquement et médiatiquement que de les laisser défiler dans une des zones les plus sécurisées de France et de Navarre en brandissant 14 portraits présidentiels officiels pourtant recherchés dans tout l’Hexagone.

5) De multiples versions complètement mensongères circulent au sujet de la position des mouvements climat non-violents dans les mobilisations anti-G7, apparemment alimentées tant par des tendances militantes hostiles à nos mouvements que par l’État lui-même. Bizi prendra le temps, à froid et dans la semaine à venir, d’exposer les faits, chronologies et positions des uns et des autres pour rétablir un certain nombre de vérités.

"Quelles leçons tirer du contre-G7 ?", communiqué d’Alternatiba du 1er septembre 2019, (disponible ici).

Une semaine après le G7, l’heure est au bilan pour le camp altermondialiste dans sa diversité. Les difficultés d’organisation et de mobilisation du contre-G7 posent des questions et créent des tensions, dont certaines ciblent l’implication – réelle ou fantasmée – de nos mouvements Alternatiba et ANV-COP21. Nous tentons ici d’apporter des éléments de réponse et d’analyse sur cette séquence.

Manifestation contre le G7 à Hendaye le 24 août

Le G7, qui s’est tenu du 24 au 26 août à Biarritz, présentait au moins deux enjeux importants pour Macron. Premièrement, comme pour tout G7, et d’autant plus après les fortes mobilisations des Gilets jaunes et l’écho international qu’elles ont eu, il y avait un enjeu sécuritaire : si le dispositif de sécurité avait présenté des failles, ça aurait porté un préjudice direct au gouvernement. Deuxièmement, Macron pouvait trouver dans ce G7 une occasion de consolider son image de Champion de la Terre sur la scène internationale. Ce second point était, pour nous, militant⋅es climat, notre préoccupation principale et l’objectif que nous voulions mettre en échec.

Macron a cependant largement gagné sur ces deux objectifs. Le dispositif policier et militaire déployé pour le G7 n’a pas été ébranlé le moins du monde : mobilisation de 13 200 membres des forces de l’ordre, innombrables contrôles d’identité et fouilles, une centaine d’interpellations préventives, gardes à vues dont celles de trois observatrices de la Ligue des droits de l’homme, confiscation de matériel de protection de journalistes, interdictions de manifestations, Biarritz « bunkérisé », infiltration policière, c’est un dispositif sécuritaire hors-normes qui s’est déployé sur le Pays Basque.

Et côté Champion de la Terre, Macron a réussi un nouveau coup médiatique en attaquant Bolsonaro sur les incendies en Amazonie la veille de l’ouverture du G7. Deux ans après son slogan “Make our planet great again”, cette nouvelle opération de communication a provoqué un buzz mondial, lui permettant de se présenter à nouveau comme un grand leader de la cause climatique... Alors que sa propre politique en France n’est pas du tout à la hauteur de l’enjeu et ne respecte même pas les objectifs de l’Accord de Paris (voir par exemple la vidéo Macron et l’écologie : le mensonge de l’été, par Le Vent Se Lève).

Le G7 a eu son contre-sommet, et ses mobilisations altermondialistes, anticapitalistes et écologistes, mais qui ont été globalement faibles : 15 000 personnes à la manifestation, 4 000 personnes au campement, 5 800 personnes cumulées aux ateliers et conférences du contre-sommet, ce n’est pas rien, et cela a représenté beaucoup de travail. Mais on ne peut pas dire que ça ait été un grand temps fort du mouvement altermondialiste. D’autant moins après les mobilisations impressionnantes des Gilets jaunes et les mobilisations massives pour le climat qui ont rythmé l’année qui vient de s’écouler dans l’Hexagone.

Le mouvement altermondialiste en ressort avec beaucoup de frustration, et des divisions sont en train d’être aggravées par la diffusion de fausses informations et d’accusations infondées. En ligne de mire de beaucoup de critiques : le choix de la non-violence. Mais n’est-ce pas là un bouc émissaire facile, qui empêche de dresser un vrai diagnostic et une évaluation réaliste du rapport de force actuel ? Parmi les critiques et les attaques, certaines visent notamment nos mouvements Bizi, Alternatiba et ANV-COP21, qui sont la cible de diffamation, ce qui nous amène à démentir et à éclaircir un certain nombre de points dans ce texte et en annexe.

Les plateformes anti-G7

Tout d’abord, rappelons ce qu’a été le cadre d’organisation du contre-G7. Des réunions ont eu lieu dès juillet 2018 pour organiser la mobilisation, aboutissant à la création d’une plateforme basque "G7 EZ", et d’une plateforme hexagonale "Alternatives G7", les deux travaillant en étroite coopération. Ces deux plateformes ont choisi collectivement un cadre d’action non-violent et en partie légal, devant se concrétiser par un contre-sommet autorisé à Hendaye du 19 au 23 août, et une manifestation autorisée le samedi 24 août allant de Hendaye à Irun. Une action de désobéissance civile de masse, baptisée Arc-en-ciel, était également prévue, mais n’a finalement pas eu lieu.

Précisons que les mouvements ANV-COP21 et Alternatiba n’ont jamais fait partie d’aucune de ces plateformes anti-G7, bien qu’ils se soient quand même mobilisés pendant cette séquence anti-G7 en lien avec cette plate-forme et divers autres mouvements.
Bizi, mouvement altermondialiste basque, affilié aux réseaux ANV-COP21 et Alternatiba, a quant à lui rejoint la plateforme anti-G7 basque en décembre 2018, environ 5 mois après sa création, en précisant que son engagement serait minimum jusqu’en juin 2019.

De fait, aucun de nos 3 mouvements n’a participé à la définition des mobilisations devant être organisées par ces plateformes anti-G7. Le mouvement Bizi, comme il s’y était engagé, a relayé les appels des plateformes et mobilisé son réseau de militant⋅es, au Pays Basque et au-delà via les réseaux ANV-COP21 et Alternatiba, pour prêter main forte à l’organisation des mobilisations décidées par les plateformes. Nous avons ainsi participé à l’animation d’ateliers et à des conférences pendant le contre-sommet, et avons participé à l’organisation de l’encadrement de la manifestation du samedi 24 août.

Première remarque générale : il semblait évident que les mobilisations autorisées organisées par les plateformes anti-G7 ne pourraient pas, en tant que telles, constituer de réel blocage ou de perturbation du G7. Le contre-sommet, le campement, comme la manif du 24 août, étaient tous autorisés par les autorités. Les lieux du contre-sommet et du campement ont été proposés par les autorités. Des navettes pour faire le lien entre les deux lieux - campement et contre-sommet - ont été mises en place par la communauté d’agglomération Pays Basque. Et le tout était organisé à Hendaye, à 30 km de Biarritz où se tenait le G7, ce qui mettait inévitablement à distance la mobilisation anti-G7 et compliquait encore davantage toute perturbation du sommet.

Le projet d’action de désobéissance civile de masse “Arc-en-ciel” devait aller plus loin mais n’a pas pu avoir lieu, à cause de difficultés d’organisation liées aux tensions avec les forces de l’ordre autour du campement, comment l’explique le communiqué des plateformes anti-G7.
Il serait cependant injuste de tenir la plateforme anti-G7 pour responsable de ce qui n’a pas été fait, ou de ce qui aurait dû être fait autrement, car pour gêner réellement le G7, d’autres actions pouvaient être organisées par celles et ceux qui le souhaitaient, en dehors ou autour de cette plateforme, sans attendre que la plateforme les organise elle-même.

Au-delà des plateformes anti-G7

On peut notamment lire de nombreuses critiques visant à faire porter la responsabilité de la faiblesse de la mobilisation au choix de la non-violence par les plateformes anti-G7. Toutefois, aucun courant préférant d’autres modes d’actions n’avait besoin de l’autorisation de la plateforme pour organiser d’autres types d’actions.Et de fait, plusieurs actions ont bel et bien été organisées hors de la plateforme.

Nos propres mouvements, Bizi, ANV-COP21 et Alternatiba, ont ainsi organisé une « Marche des portraits » à Bayonne le matin du dimanche 25 août, dans la zone interdite à toute manifestation. Il s’agissait d’une action de désobéissance civile non-violente qui était annoncée publiquement à l’avance aux médias et sur les réseaux sociaux. Bizi en avait préalablement informé la plateforme anti-G7, mais il s’agissait d’une initiative organisée complètement en dehors de la plateforme. Nous y avons fait apparaître des portraits officiels de Macron qui ont été décrochés dans des mairies et réquisitionnés au cours des six derniers mois, qui sont recherchés par les autorités comme l’attestent les 74 perquisitions subies par les activistes d’ANV-COP21, les 152 personnes auditionnées, dont 93 placées en garde à vue ; et qui donnent lieu à une répression pro-active orchestrée par les autorités avec notamment la mobilisation du Bureau de Lutte Anti-Terroriste, une directive de la gendarmerie nationale pour inciter les maires à déposer un maximum de plaintes contre nous, et les 57 activistes d’ANV-COP21 poursuivi⋅es en justice dans 17 procès.

Contrairement à l’intox relayée par le Canard enchaîné, émanant probablement d’une manipulation des autorités, aucune négociation avec la préfecture n’a eu lieu concernant cette action (lire les détails dansle communiqué de presse de démenti). Les autorités auraient pu intervenir facilement par la force pour empêcher cette provocation non-violente qui a consisté à déambuler avec des portraits recherchés à quelques mètres seulement des forces de l’ordre. Si elles ne l’ont pas fait, c’est que l’image d’arrestations pour des tableaux emballés (dont la plupart étaient des leurres) qui aurait alors été relayée par les nombreux médias présents, aurait été bien plus coûteuse politiquement pour le gouvernement. Notre objectif politique était de profiter de la présence exceptionnelle de nombreux médias internationaux pour montrer que dans son propre pays, l’image internationale de Macron « Champion de la Terre » et héros du climat est contestée. L’objectif tactique étant, face à un dispositif policier que nous jugions infranchissable et impossible à déborder, de déplacer la lutte sur un terrain politique sur lequel l’utilisation de la force était inopérante.

Marche des portraits à Bayonne le 25 août © Michael Augustin

Mais nous n’avons pas été les seuls à organiser des actions hors des plateformes anti-G7. Notamment, une tentative de « blocage économique » d’un rond-point en fin de journée du vendredi 23 août à Urrugne, à proximité du campement anti-G7 ; et une manifestation sauvage à Bayonne en fin d’après-midi du samedi 24 août, ont eu lieu. Il s’agissait dans les deux cas d’actions appelées sans critères de non-violence, et qui ont intégré des tactiques d’affrontements « violents » avec les forces de l’ordre, et qui pouvaient ainsi correspondre à des tendances militantes qui ne se retrouvaient pas dans les choix d’action des plateformes anti-G7, ni dans la démarche non-violente de la Marche des portraits.

Comment comprendre, alors, l’accusation selon laquelle le cadre non-violent décidé par la plateforme aurait empêché d’autres initiatives, et d’autres modes d’actions, d’avoir lieu ?

En réalité, la plateforme n’a aucunement eu le pouvoir, ni la volonté, d’empêcher l’organisation d’autres actions et mobilisations. Chaque militant⋅e, chaque mouvement, chaque courant, est libre d’organiser les actions qui correspondent à sa vision stratégique. C’est d’autant plus vrai concernant le mouvement altermondialiste et anticapitaliste qui se revendique largement de l’autogestion. Ainsi, les reproches adressés à la plateforme sur ce qu’elle n’aurait pas organisé, ou au cadre non-violent de tel ou tel mouvement qui aurait empêché d’autres types d’action, ne peuvent pas expliquer la rareté et la faiblesse des actions organisées, et empêchent de se poser des questions sur les véritables moyens d’organisation du mouvement altermondialiste. La question essentielle à se poser, selon nous, est : pourquoi n’y a-t-il pas eu davantage d’actions organisées ? Et pourquoi les personnes qui critiquent aujourd’hui ce qui n’a pas été fait pendant le G7, n’ont pas choisi d’organiser elles-mêmes les actions qu’elles auraient souhaitées ?

En ce qui nous concerne, nous n’avons attendu de personne, ni l’autorisation ni les moyens d’organiser les actions qui nous semblaient stratégiques, et nous n’avons pas empêché les autres mouvements d’organiser d’autres actions.

Des divisions attisées

Notamment, en ce qui concerne l’opération baptisée « Arc-en-ciel » qui prévoyait d’occuper 7 places entourant Biarritz. Prévue par une partie des mouvements de la plateforme, elle n’a finalement pas été menée. Les mouvements Bizi, Alternatiba et ANV-COP21 n’étaient pas impliqués dans l’organisation de cette opération, et encore moins dans la décision de son annulation.

La brève du Canard enchaîné selon laquelle de « discrètes négociations » avec les autorités auraient convenu de l’annulation de l’opération Arc-en-ciel contre l’autorisation officieuse de la Marche des portraits est une intox totale, émanant probablement des autorités elles-mêmes.
Nos mouvements Bizi, ANV-COP21 et Alternatiba n’avaient d’ailleurs aucun intérêt à ce que la Marche des portraits soit autorisée, bien au contraire. L’option tactique de cette action de désobéissance civile résidait dans le dilemme qu’elle posait aux autorités : nous étions certains d’être gagnants dans tous les cas de figure, que les autorités interviennent ou qu’elles nous laissent faire malgré l’interdiction. Et un scénario avec arrestations par les forces de l’ordre était même le plus intéressant pour nous, car il aurait aidé à donner un écho médiatique encore plus large à l’action. Nous avions par ailleurs prévu de pouvoir joindre des avocats pour défendre les personnes qui auraient pu être arrêtées ou poursuivies en justice suite à cette action.

Qui a pu inventer pareille intox ? Ça ne peut pas venir des organisations impliquées dans l’opération Arc-en-Ciel, qui n’étaient aucunement investies dans l’organisation de la Marche des portraits, et qui n’avaient pas d’intérêt particulier à négocier quoi que ce soit sur la réaction des autorités à ce sujet, et surtout pas au prix de l’annulation de ce qui devait être le final en apothéose de la mobilisation anti-G7.

Il n’y a que les autorités qui ont un intérêt objectif évident à cette intox. Le mouvement altermondialiste s’est révélé à l’issue de ce G7 peu puissant, désorganisé, et divisé. Cette faiblesse des mobilisations présente le risque d’accroître les divisions, et ainsi de nous désorganiser encore davantage, de faire perdre du temps à tout le monde en querelles internes, de nous fragiliser et d’abîmer notre crédibilité. Cette intox a de suite eu cet effet de division en alimentant les polémiques déjà en cours sur la “docilité” reprochée aux organisateurs de l’anti-G7, tout en décrédibilisant les organisateurs de la Marche des portraits.

Concernant cette Marche des portraits, cette intox transforme un dilemme politique que les autorités n’ont pas pu résoudre, en prétendue négociation intelligemment menée par l’Intérieur. Plutôt que d’apparaître incapables de gérer l’apparition publique, dans la zone la plus sécurisée de l’hexagone, de portraits officiels recherchés partout par les forces de l’ordre, il est encore préférable pour le gouvernement d‘apparaître comme l’ayant laissé faire.

Avec une seule intox toute simple, de quelques lignes, facile à répandre, et audible sur fond de polémiques entre différents courants militants, le gouvernement gagne absolument à tous les niveaux. Porter du crédit et relayer cette intox fait clairement le jeu des autorités, qui ont tout à gagner à exploiter les divisions du mouvement à un moment où il s’avère en position de faiblesse momentanée.

Si, en plus de la réussite de la sécurisation du G7, de l’image renforcée de Macron en champion de la Terre, et de la mobilisation de basse intensité du mouvement altermondialiste, les autorités pouvaient aussi profiter de cette situation pour accroître les divisions du mouvement et les rendre les plus durables possibles, ça serait la cerise sur le gâteau. L’intox relayée par le Canard enchaîné arrive à point nommé pour compléter le strike parfait réussi par Macron.

Par ailleurs, une manipulation policière est dénoncée par plusieurs mouvements militants après qu’une informatrice de la police a été démasquée lors d’une AG sur le campement du contre-G7. Selon l’article de IAATA, elle « organisait, impulsait et poussait à des actions ; elle mettait en relation des gens afin que la police puisse procéder à des arrestations » selon la tactique consistant à « pousser à l’infraction et ensuite interpeller ». Elle était notamment impliquée dans l’organisation de la manifestation sauvage de l’après-midi du samedi 24 août qui a eu lieu dans le petit Bayonne, le centre historique de la ville qui avait été préalablement complètement encerclé par les forces de l’ordre.
Ces révélations tendent à démontrer que les autorités préfèrent provoquer davantage de violence et de répression plutôt que de chercher à les réduire, en tout cas dans une configuration de surnombre en leur faveur. La responsabilité des groupes ou individus organisateurs d’actions est alors de contrecarrer ce type de manipulation, afin de ne pas dévoyer leur stratégie ni mettre en danger les personnes qui souhaitent y participer.

Vers la co-existence des différentes stratégies ?

Qu’il y ait des divergences stratégiques au sein du mouvement altermondialiste est compréhensible. Qu’elles suscitent des discussions, des débats, des critiques, c’est logique, et cela peut être utile si c’est entrepris dans un esprit constructif et bienveillant, sur la base d’informations avérées. Mais nous ne pouvons que déplorer les polémiques, les diffamations, les déformations des faits, les accusations infondées, les procès d’intention, qui sont trop couramment employés au sein même du mouvement altermondialiste, et notamment, régulièrement contre nos mouvements (alors que de notre côté, nous ne nous livrons quasiment jamais à des critiques publiques des stratégies des autres mouvements, et quand nous le faisons, ce n’est que pour nous défendre des attaques dont nous sommes la cible).

Une diversité de stratégies étaient à l’œuvre durant ce G7, qu’il s’agisse des initiatives « plateformistes » ou d’initiatives organisées hors des plateformes, d’actions non-violentes, ou de manifestations dans la ligne de la diversité des tactiques violentes/non-violentes.
Toutes se sont sans doute confrontées à certaines limites, qui leur sont spécifiques, et nous pensons qu’il est vain de vouloir en faire porter la responsabilité à d’autres mouvements, alors même qu’aucune tendance militante n’a empêché aucune autre de mener ses initiatives.

Certaines convergences sont parfois impossibles à concrétiser, quand elles sont trop larges et trop lourdes, ou quand elles voudraient réunir des tendances trop différentes. Mais nous appelons à respecter au moins le principe de co-existence de ces différentes stratégies. C’est-à-dire que chaque mouvement et chaque tendance puisse développer sa propre stratégie, sans être entravé ou diffamé par d’autres mouvements au sein du courant altermondialiste.

Alternatiba / Action Non-Violente COP21 (ANV-COP21)

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