Récit de la journée d’occupations du vendredi 5 octobre à Rennes

> Voici un long compte-rendu de la journée d’hier car il s’est passé beaucoup de choses et il va se passer beaucoup de choses dans les jours à venir...

> A RETENIR : Grande AG de discussion sur les suites de la lutte ce dimanche à 17 h à l’université de Rennes 2.

Nous sommes en négociation avec la présidence pour une salle et, si ça marche, ce sera dans le bâtiment F. Nous ne pouvons qu’insister sur l’importance de la présence de toutes les personnes qui ont participé à la lutte car nous sommes en plein doute existentiel...

> Pour se préparer physiquement à l’AG, un match de foot sans victoire (chaque but marqué induira le transfert du héros dans l’équipe adverse jusqu’à égalisation parfaite du score...) aura lieu dimanche à 14 h 30 avec les personnes à la rue et les soutiens (RV devant l’entrée de l’occupation au milieu de la fac, bât B).

> COMPTE-RENDU DE LA JOURNÉE D’HIER

> Nous avons commencé par rencontrer la présidence de l’université de Rennes 2. Plusieurs points sont ressortis :

> 1) Bien des rencontres et coups de fil ont eu lieu entre la présidence, le préfet et la maire de Rennes. Le préfet reste attaché à ses critères restrictifs et ne fera donc pas grand-chose à part héberger les personnes arrivantes qui rentrent dans les critères (demande d’asile avant passage à l’OFPRA). La maire de Rennes dit continuer d’être attachée à tenir son engagement historique de "Pas d’enfant à la rue à Rennes" mais elle subit deux obstacles : la carence de l’Etat dans l’hébergement des familles demandeuses d’asile ET le manque de places d’hôtel.

> 2) Ceci dit, pendant la rencontre, la maire a annoncé au président de l’université qu’elle hébergerait les familles. Nous avons compris le soir même mais nous nous trompâmes car les familles ne sont convoquées à la mairie que lundi à 15 h. Surtout, la mairie annonce pour l’instant qu’elle donnera la priorité aux familles de la liste fournie hier matin. Or, une nouvelle famille est arrivée hier aprem tandis qu’une autre, arrivée aussi avec une fille de 6 ans, a "choisi" de repartir à la rue car "on" lui aurait dit que, si elle rejoignait l’occupation de rennes 2, elle perdrait toute aide financière. Bref, lundi a priori, il pourrait nous rester au moins une famille sans hébergement.

> 3) La présidence de l’université ne nous demande rien (à part récupérer les 3 grandes salles de cours si les familles sont hébergées) quant aux suites à donner à notre mouvement mais elle s’est montrée très inquiète pour mardi étant donné le contexte du blocage de la fac annoncé. Il semble que l’université (les personnels et plusieurs groupes d’étudiant-e-s opposés au blocage) soit prête à beaucoup pour faire échouer le blocage. Or, notre présence au beau milieu de la fac induit plusieurs stress supplémentaires pour la présidence en termes de risques de dommages collatéraux pour les personnes à la rue. Nous avons de notre côté maintenu notre position que nous n’avons rien à voir avec le blocage de la fac et que nous ne nous prononcerions pas collectivement sur cet événement. Il nous appartiendra dimanche de décider si nous restons ou pas lundi soir.

> 4) Nous restons en contact tout le WE avec la présidence et nous devons nous revoir lundi, sachant qu’elle a demandé que nous fournissions un argumentaire sur nos actions qu’elle pourrait diffuser aux personnels. Dans le cadre de ce que nous appelons les "occupations-amies", la présidence de l’université joue donc son rôle d’intermédiaire que nous attendions d’elle en débarquant à la fac.

> L’après-midi, nous étions une cinquantaine (personnes à la rue et soutiens, très peu d’étudiant-e-s ce qui interroge quant à nos espoirs initiaux de trouver du relais et du nombre de leur côté) à partir de 14 h et nous nous sommes réparti-e-s dans trois occupations simultanées qui ont débuté à 14 h 30.

> 1) Un groupe de 15 a occupé Rennes métropole pendant 2 heures avant que nous évacuions spontanément étant donné le total mépris des autorités du lieu (bon contact avec les salarié-e-s cependant). Personne n’est venu à notre rencontre et, malgré des manifs bruyantes dans un bâtiment assez vide, nous n’avons pas réussi à provoquer une réaction. Las-ses, nous avons décidé d’aller renforcer une autre occupation et leur avons annoncé que nous reviendrons avec des modalités différentes qui les obligeraient à ne pas nous ignorer (à bientôt donc...).

> 2) Un autre groupe de 15 a débarqué dans la permanence du député en vogue et En Marche FLB. Une discussion animée s’est engagée pendant 45 minutes (où nous avons pu encore apprendre que nos actions faisaient le jeu du Front national et où nous avons appris qu’un crédit d’impôt allait être peut-être voté pour les ménages solidaires qui hébergent chez eux des "migrant-e-s"...). Le député a promis d’appeler le préfet et a proposé de nous rencontrer aujourd’hui dans un vrai entretien (offre que nous avons déclinée car nous voulons des hébergements !). Puis le groupe a décidé d’évacuer spontanément au bout d’une heure et s’est dispersé...

> 3) Un dernier groupe de 25 personnes (qui est monté jusqu’à 40 !) a occupé le CDAS de Kléber pour cibler le département. L’idée était là aussi de dire aux autorités locales de prendre le relais d’un État incapable dans ce département de mettre à l’abri 50 personnes à la rue. Les négociations ont été longues mais le discours est resté le même : le département fait beaucoup dans le champ de ses compétences (hébergement des mineur-e-s isolé-e-s étranger-e-s) mais il n’a pas le droit (???) - ni les moyens – depuis une loi de 2015 de sortir du champ de ses compétences pour héberger d’autres catégories de personnes à la rue. Nous avons bien tenté de demander ce que pouvait bien risquer le conseil départemental (la prison ? la déchéance de nationalité ?) si d’aventure il se mettait à éviter que des êtres humains dorment dehors mais le discours est resté sur la même ligne = nous pas le droit. On nous a aussi proposé-e-s un rendez-vous lundi pour en parler mais nous avons refusé et annoncé que nous restions occuper le CDAS, d’autant qu’une famille à la rue supplémentaire venait de nous rejoindre. A 17 h, à la fermeture, nous attendions la police mais elle n’a pas été appelée et plusieurs autorités sont finalement venues nous parler directement : le directeur de cabinet du président du CD et l’élue à la solidarité. Il (et elle) ont repris le même discours ce qui nous a conduit-e-s à péter un peu les plombs (des personnes du Collectif ont laissé déborder leur énervement de voir les autorités nous faire poireauter pour ressortir le même discours). L’échange vif n’a pas abouti et nous avons annoncé que nous maintenions notre occupation. Le conseil départemental a demandé à ce que nous évacuions les enfants avant intervention policière mais les familles ont refusé. Vers 20 h, soit après 6 h d’occupations, une vingtaine de policiers (dont encore la BAC qui devient notre amie fidèle) ont procédé à l’évacuation de la trentaine que nous restions. Ensemble, nous avons chanté et évacué sans le moindre incident (à part quelques remarques lointaines et moqueuses d’un policier qui n’a pas dû comprendre la formation sur l’État de droit(e)).

> Enfin, pendant l’occupation du CDAS, une vingtaine de personnes ont tenu l’AG de 18h à Rennes 2 et ont notamment décidé de ne pas aller au RDV proposé par le député mais aussi d’annoncer que l’occupation est pleine et que nous n’avons pas grand-monde ce WE pour gérer des arrivées.
Donc, svp, ne nous envoyez pas de nouvelles personnes dans les 48 h, en particulier avant l’AG de dimanche.

Voilà, camarades.
Et maintenant on fait quoi ?
A dimanche...

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