information par et pour les luttes, Rennes et sa région

25 novembre J-9.
Des violences, un système : les VSS dans un monde patriarcal et capitaliste

Rennes
Luttes féministes

📢 J-9 avant le 25 novembre, journĂ©e internationale de luttes contre les violences sexistes et sexuelles. Chaque semaine, NousToutes35 partage une information pour mieux comprendre cette journĂ©e. Aujourd’hui, on parle du patriarcat qui opprime et conduit Ă  ces violences sexistes et sexuelles.

Le patriarcat conduit aux violences sexistes et sexuelles !

Le patriarcat, c’est un système oĂą le pouvoir et l’autoritĂ© sont largement dĂ©tenus par les hommes cisgenres. Les normes culturelles, les lois, les institutions favorisent la domination masculine et la dĂ©pendance des femmes et des minoritĂ©s de genre.
Par exemple, on apprend aux enfants assigné·es garçons Ă  ĂŞtre “forts”, “aventuriers”, “sĂ©ducteurs”, Ă  ne pas montrer leurs Ă©motions et on leur accorde la majoritĂ© de leurs envies. Quand dans le mĂŞme temps on apprend aux enfants assigné·es filles Ă  ĂŞtre “jolies”, “sages”, “attentionnĂ©es”, Ă  faire plaisir et on sexualise leurs corps dès l’enfance.
Ce ne sont que des exemples, mais cela reflète toute une construction sociale genrée (et binaire) et inégale dans la place donnée, dans toutes les sphères de la société.
En apprenant à une partie de la population que leurs désirs sont des ordres et qu’ils peuvent tout tenter, et à l’autre partie que leur parole vaut moins et que leur rôle est de satisfaire autrui, les structures patriarcales génèrent un climat où les comportements sexistes et les agressions sexuelles peuvent prospérer !
Le système patriarcal minimise (pour ne pas dire tolère voire encourage !) ces violences et contribue Ă  une culture du silence et de l’impunitĂ©, oĂą les agresseurs Ă©chappent Ă  la responsabilitĂ© de leurs actes.

Des violences physiques enracinées dans le système patriarcal

Dans ce système, les femmes et les minorités de genre sont considérées comme des possessions ou des objets de satisfaction masculine.
La violence physique devient un moyen de maintenir la domination masculine sur les femmes et les minorités de genre.
Les inĂ©galitĂ©s de pouvoir inhĂ©rentes au patriarcat crĂ©ent aussi un terrain fertile pour l’exploitation sexuelle, oĂą le consentement est souvent ignorĂ©. Les agressions sexuelles reflètent la tentative de certains hommes cisgenres d’affirmer le contrĂ´le sur les corps et les vies des femmes et des minoritĂ©s de genre.
Les agressions sexuelles et les viols n’ont rien à voir avec le sexe, mais avec la violence.
“Quand tu te prends un coup de pelle, est-ce que t’appelles ça du jardinage ?”
Quand l’ascendant et la dépréciation de l’autre grandissent, les hommes s’octroient le droit de vie ou de mort sur les femmes et les minorités de genre. En 2023, on décompte 115 féminicides en France (au 8 novembre).

La violence psychologique, un moyen de domination masculine

Le patriarcat soumet les femmes et les minorités de genre à des pressions constantes pour se conformer à des idéaux souvent définis par les hommes cisgenres.
Puisque la valeur des femmes et des minorités de genre est directement associée à leur rapport aux autres (bonne mère, bonne amie, bonne fille, bonne compagne, etc.), la validation extérieure, et notamment par les hommes de leur entourage est garante de la reconnaissance de leur existence sociale, encore plus si ces derniers ont un ascendant sur elleux (père, supérieur hiérarchique,...).
La violence psychologique, comme la manipulation émotionnelle, la dévalorisation, le contrôle, est utilisée comme un moyen de maintenir la domination masculine car elle diffuse la peur, le doute et casse la confiance des femmes et des minorités de genre.

La violence Ă©conomique, une composante insidieuse du patriarcat

Les femmes et les minorités de genre font face, entre autres

  • Ă  des inĂ©galitĂ©s salariales ( 16% d’écart de salaires femmes/hommes en France en moyenne Ă  poste et qualifications Ă©gales)
  • Ă  des opportunitĂ©s professionnelles limitĂ©es (notamment dans l’évolution de carrière, dĂ©favorisation Ă  l’embauche pour risque de grossesse, ou simplement par supposition de compĂ©tences moindres)
  • et Ă  des discriminations systĂ©miques qui les rendent vulnĂ©rables Ă  la violence Ă©conomique (comptes communs aux services Ă©tatiques (ex : CAF) au nom du conjoint).
    De manière générale, les femmes et les minorités de genre occupent également les métiers les moins bien rémunérés, souvent, ce sont les métiers du soin, du lien et de l’entretien. Ce sont des secteurs qui sont très peu valorisés, que ce soit socialement ou financièrement (car ces tâches sont également effectuées gratuitement dans la sphère privée). C’est le système capitaliste qui maintient ce fonctionnement, car il a besoin de ce travail peu ou pas rémunéré pour prospérer. (C’est pour ça qu’à noustoutes35, on parle de grève générale féministe…)
    Dans les relations hĂ©tĂ©ros par exemple, les inĂ©galitĂ©s Ă©conomiques sont souvent très fortes et s’accroissent au fil du temps. Lorsque les couples ont des enfants notamment, le salaire dĂ©jĂ  moindre de la conjointe va ĂŞtre sacrifiĂ© pour ĂŞtre auprès de l’enfant dans les premiers mois, elle va dĂ©pendre de son conjoint, et sa reprise professionnelle est rendue plus difficile et cela freine son Ă©volution de carrière. Ou encore, en prenant en compte les types de dĂ©penses, on remarque que, lors d’une sĂ©paration, le conjoint, qui avait le plus gros salaire, repart avec la voiture et la TV quand son ex-conjointe repart avec les “pots de yaourt vides” (T. Lecoq).
    De plus, le contrôle des ressources financières par des partenaires peut maintenir les femmes et les minorités de genre dans des situations abusives, créant une dépendance économique qui entrave leur autonomie.

Lutter toustes ensemble contre le patriarcat ! Comment ?

Puisque chaque violence est une violence de trop, les combattre, c’est les prévenir !
Il faut exiger des mesures concrètes et immédiates, par exemple :
Une éducation de toustes et notamment des plus jeunes :

  • Une Ă©ducation prĂ©coce sur le consentement  : il faut l’intĂ©grer dans les programmes scolaires dès le plus jeune âge, en mettant l’accent sur le respect mutuel et la communication (notamment en appliquant la loi des 3 sĂ©ances par an).
  • Des programmes de sensibilisation dans les Ă©coles, les lieux de travail et les lieux sociaux (pour informer sur les consĂ©quences des violences, les signes prĂ©curseurs et les moyens de les prĂ©venir).
  • La formation des professionnels de la santĂ©, de l’Ă©ducation, et des services sociaux sur la dĂ©tection prĂ©coce des signes de violence et sur la manière de fournir le bon soutien aux victimes.
  • Des campagnes de sensibilisation pour dĂ©noncer les stĂ©rĂ©otypes de genre, promouvoir l’Ă©galitĂ© et sensibiliser sur les consĂ©quences graves des violences.

La prévention des violences sexistes et sexuelles est une bataille que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre.

✊Déferlante féministe contre les violences sexistes et sexuelles !✊

✨🌈💥💜Alors ce 25 novembre, RDV dans la rue pour lutter pour le monde qu’on mĂ©rite, juste, solidaire et fĂ©ministe !✨🌈💥💜

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