Perak difenn ar brezhoneg ? Pourquoi défendre le breton ?

Un dismegañs a zo hiziv e-touez hon aozadurioù da-geñver ar stourm a-enep ar vestroni yezhel. Alies e vez gwelet ar vrezhonegerien evel tud eus an tu-dehoù pellañ. N’eo ket gwir, tamm ebet. Poent eo anavezout ar stourm yezhel evel reizh hag hollek, e Breizh hag er bed a-bezh.

Il existe dans nos organisations un malaise atour de la lutte contre la domination linguistique. Être bretonnant.e est souvent perçu comme un marqueur identitaire voir pire une tolérance à l’extrême droite locale. Il n’en est rien, il est temps de considérer le caractère global et légitime de la lutte contre les dominations linguistiques en Bretagne et ailleurs.

Pennad-skrid tennet dac’h al lec’hiad / Article initatialement paru sur bourrasque-info ici

Enebourion ouzh ar vroadelourion idantelezhour omp

Stourm a reomp evit anaoudegezh ar brezhoneg hag ar vrezhonegerion, met an dalc’h-se na lak ket ac’hanomp da vezañ a-du gant an tu-deou pellañ. Ar soñjoù idantelezhour ha vroadelour a zo ur stumm all eus mestroni, ar pezh n’hon eus ket c’hoant tamm ebet.

Ret eo gwelet ar stourm yezhel e-barzh ur stourm hollekoc’h, a-enep ar vroadelouriezh, an trevadennouriezh hag hollbezañs ar yezh stad-vroadel.
Setu perak e vroudomp an liesyezhouriezh ha doujañs en he-geñver : ya, gallet a ra ar yezhoù kenvevañ !

Evit ur stourm reizh e rankomp skarzhañ ar re a gred eo ar brezhoneg an hent war-zu ar faskouriezh, ha chom a-sav da zaoler ar bec’h war stourmerion, eus Breizh d’ar Gurdistan, eus Papouazia d’ar Vrazil, a lak o yezh hag o sevenadur da vevañ !

C’hoant hon eus mirout ar yezhoù hag ar sevenadurioù minorel a zo en arvar, hep reiñ dezho ur plas hollgalloudus.

Ar stourm a-enep ar vestroni yezhel.

N’eus ket ezhomm da harpañ hon stourm ouzh istorioù all. N’eus ket ezhomm d’en em geñveriañ ouzh pobloù all.

C’hoant hon eus bevañ hon liesyezhezerezh diouzhtu ha bremañ, met harzoù a c’hourdrouz ac’hanomp : ranket a reomp enebiñ diouto.

Pet gwech hon eus tapet, evit ur frazenn e brezhoneg, un evezhiadenn, ur sell du, a wechoù dismegañsus e meur a geñver : « On peut arrêter de parler arabe ? »

Evit bevañ al liesyezherezh eo ret doujañ bezañs yezhoù liesseurt war an dachenn foran. N’emañ ket ur brezhoneger oc’h iriennañ pe oc’h ober goap ouzoc’h : o komz brezhoneg emañ, setu toud ! Doujañ ur yezh vinorel a zo asantiñ an liesyezherezh en un doare fetis ivez : ma tibab unan bennak da gomz brezhoneg kentoc’h eget ar yezh ofisiel boutin (ar galleg amañ), eo e zibab ha rank a ra bezañ doujet, ma n’emañ ket o kaozeal d’ur strollad unyezhek pe dost.

Kavet a reomp talvoudus al lec’hioù eskemm evit brezhonegerion hepken evit prederiañ diwar-benn ar yezh hag an dalc’hioù sevenadurel. Peogwir e rank al liesyezherezh sevel lec’hioù evit stourm a-enep ar vestroni yezhel ivez.

Evit an holl abegoù-se, e ra soñj deomp en deus ar stourm yezhel e flas en ur stourm brasoc’h a-enep mestroni aozet gant ar Stad hag ar sevenadur a vremañ. Stourm a reomp a-enep ur bed a skeudennoù hag a levezon ivez tachenn ar yezhoù. Lakomp ar yezhoù da vevañ en ur gomz anezho, bevomp al liesyezherezh. Arabat eo da implijet ar yezhoù evel binviji a vestroni, deomp-ni int.

Lakomp ar stourmoù hag ar brezhoneg da vleunviñ.

Nous sommes les ennemis des identitaires et des nationalistes

Nous luttons pour la reconnaissance et le respect de la langue bretonne et des bretonnant-e-s mais cette question ne nous fait pas adhérer au nationalisme et aux velléités identitaires qui souhaitent remplacer un modèle de domination par un autre.

Nous pensons que la lutte contre la domination linguistique s’inscrit contre une conception nationaliste, colonialiste et normative de la langue unifiée et du monolinguisme des États-nations.


C’est pourquoi nous encourageons le multilinguisme et le respect de ce dernier. Oui, plusieurs langues peuvent cohabiter ! Pour légitimer notre combat nous devons en exclure celleux qui font du breton un vecteur du fascisme et non montrer du doigt celleux qui du Kurdistan à la Bretagne, de la Papouasie au Brésil font vivre leur langue et leur culture.

Nous voulons autant que possible favoriser la préservation des langues et des cultures minoritaires sans pour autant leur donner des visées hégémoniques.

La lutte contre la domination linguistique.

Nous n’avons pas besoin de réappropriation culturelle pour mener notre combat et le légitimer. Nous voulons vivre notre multi-linguistique ici et maintenant en dépit des obstacles, c’est de cela que nous devons nous prémunir.

Combien de fois pour une phrase en breton avons-nous reçu un regard noir, une remarque ? Parfois doublement déplacée : "On peut arrêter de parler arabe ?"

Pour vivre le multilinguisme il est nécessaire de respecter la présence de plusieurs langues dans l’espace commun. Un.e bretonnant.e ne complote pas, ne vous fustige pas en cachette : iel parle breton. Le respect des échanges dans une langues minoritaire passe aussi par l’acceptation du multilinguisme lui-même. Si une personne fait le choix de parler en breton plutôt que la langue usuelle commune (ici le français) c’est son choix et il doit être respecté s’iel ne s’adresse pas à un public monolingue ou presque.

Nous croyons aussi aux espace d’échange monolingue en breton et de réflexion sur la langue et la culture. Car le multilinguisme suppose parfois, dans un état de minorité linguistique, de créer des espaces pour ces langues.

Pour toutes ces raisons nous pensons que la lutte contre la domination linguistique a toute sa place dans la lutte contre les dominations (patriarcat, capitalisme, homophobie, État ...) et l’état socio-politique qui les produits. Nous combattons un monde de représentations auxquelles les langues n’échappent pas. Tâchons de les faire vivre en nous les réappropriant. Vivons le multilinguisme en faisant notre les langues et en cessant d’en faire des outils de domination linguistique.

Faisons fleurir les luttes
hag ar brezhoneg.

G.S.

Pennad-skrid tennet dac’h al lec’hiad / Article initatialement paru sur bourrasque-info ici

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