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Rennes
Répression - Justice - Prison

• Qui sommes nous ?

Nous sommes des militant.es de divers horizons ayant été confronté.es directement ou indirectement à la violence carcérale et voulant nous organiser de manière autonome contre la Prison et son monde. Nous entendons par Prison toutes les formes d’enfermement qu’elles soient psychiatriques, judiciaires ou administratives.

• Situation Rennaise :

Nous constatons que la pensée anti-carcérale sur Rennes n’est pas matérialisée dans un collectif et que le réformisme de manière générale bat son plein ! La propagande étatiste cherche à convaincre que la prison est "au cœur de la Justice", toutes les réformes proposées s’orientent soit vers le "punir plus dur et plus longtemps" ou le "punir plus doux et rééduquer".
 
Sur Rennes, la Métropole souhaiterait faire de l’ancienne prison pour hommes Jacques Cartier un "musée de la justice" . Une exposition y est prévue début octobre mettant en avant l’abolition de la peine de mort et l’humanisation de la justice. Nous rejetons ces termes et considérons que la peine de mort existe toujours en France. La police tue, la prison tue, les CRA tuent, les frontières tuent, la psychiatrie tue et le choix délibéré des autorités de passer sous silence ou bien de justifier ces violences et ces meurtres est un calcul savamment pensé. 

Il nous semble donc nécessaire de porter une vision anti-carcérale à l’échelle de la métropole Rennaise au vu du nombre d’institutions d’enfermement qui y existent : deux Centres Pénitentiaires (dont le premier QPR [1] d’Europe pour les femmes), un Centre de Rétention Administrative, un Centre Éducatif Fermé, et plusieurs lieux d’enfermement psychiatriques. A l’échelle de la ville, cela représente plusieurs centaines de personnes passant chaque année par ces lieux de souffrance. 

• Pourquoi l’anticarcéralisme ?

En France, il n’y a jamais eu autant de personnes enfermées en temps de paix. La "population carcérale" augmente plus vite que la population. En 40 ans, elle a doublé pour arriver aujourd’hui à environ 75 000 personnes enfermées. Suivant une même logique, le nombre de prisons et le nombre de places ont aussi augmenté. Et derrière cet éternel refrain de l’encellulement individuel promis par la création de places, nous ne pouvons que vomir l’hypocrisie. Pour exemple, la nouvelle maison d’arrêt de Valence, inaugurée en 2015, où les circuits et prises électrique des cellules ont été pensées pour maximum 2 personnes.
Derrière son rôle affiché de punir et réparer les torts commis par les individus, le système carcéral est régi par les logiques économiques du capitalisme. Quelle opportunité en or pour les marchés fonciers ! Depuis la construction de ces cages par l’obtention de contrats publics-privés, passant par les services nécessaires au bon fonctionnement de l’institution (ménage, cantine, entretien des infrastructures), la prison est une pompe à fric pour quelques portes-monnaie d’ores et déjà connus : Vinci, Bouygues, Elior, Renault, EDF, L’Oréal,.... Porcs-monnaie à l’affût et zélés puisque les prisonnier.es sont la main-d’œuvre légale la moins chère qui soit : pas de code du travail, des conditions de travail extrêmes et malléables à souhait et chantages ou pressions sont le commun des travailleur.euses enfermé.es.

Nous sommes anticarcéralistes car nous n’avons aucun désir punitif à assouvir, et sommes persuadé.es que l’existence du système carcéral est incapable de répondre intelligemment aux problèmes auxquels la société doit faire face, pire, il les perpétue. La prison, à l’image de la société, reproduit les discriminations sexistes, racistes, transphobes, classistes, validistes, psychophobes. Elle enferme celles et ceux qui ne se plient pas à la coercition législative ou qui ne peuvent pas s’y plier. Là est sa fonction principale, c’est pourquoi l’anticarcéralisme et nous-mêmes nous opposons tout autant aux projets "d’humanisation" du système carcéral. Le CGLPL [2] incarne parfaitement l’échec du réformisme, réduit à la dénonciation permanente des violations des droits humains. Nous refusons de nous contenter d’une expertise de l’horreur sans chercher à créer un rapport de force. On ne rendra pas la taule plus humaine puisqu’elle sert la reproduction d’un ordre social génocidaire et écocidaire.

Nous sommes anticarcéralistes car la Prison n’a jamais été gage de la protection de la société mais bien d’un ordre social, exerçant sa violence sur les classes les plus appauvries et précarisées. Violence qui s’exerce à l’extérieur par la police et la justice mais bien aussi à l’intérieur par le mitard, les différentes formes d’enfermement selon les ’’catégories’’ et surtout les morts en prison. Les violences pénitentiaires sont atroces et toujours invisibilisées. Nous parlons d’un décès tous les trois jours en prison que ce soit un suicide ou bien une "mort suspecte".

Dans la plupart des cas, il est question de "torture blanche" [3] : exclusion sociale, exploitation d’un travail sous payé, insalubrité, accès au soin désastreux, arbitraire de l’Administration Pénitentiaire et ses sbires, promiscuité, privation sensorielle, discipline, passages à tabac et meurtres, et sans compter la surpopulation (jusqu’à parfois 4 personnes dans une cellule de 9m²) ; ce sont suffisamment de réalités pour souhaiter l’abolition de ces institutions punitives.
Pour nous, le système judiciaire et la prison sont cette épée au dessus de chacun.e de nous, cette menace ’’ultime’’ qui régit nos interactions sociales, nos rapports au travail, à l’argent. C’est la menace qui nous pousse chaque jour, à suivre les règles que l’on nous impose : aller au travail, payer notre loyer, rembourser nos crédits... 

Nous pensons que l’abolition des prisons doit se penser dans une perspective révolutionnaire. Chaque jour, l’État se durcit, s’arme et se radicalise. L’accentuation punitive actuelle est absolument en cohérence avec les lois liberticides et le recul des droits sociaux. Il ne fait aucun doute non plus que ce durcissement est aussi le résultat d’un lobbying de l’industrie sécuritaire et que l’outil anti-terroriste exacerbe les désirs répressifs envers les étranger.ères et les personnes racisées.

Face à ce populisme pénal qui profite du recul de nos droits, la radicalisation de l’État et de son discours, organisons-nous !

• Ce que nous souhaitons réaliser :

Pour construire une résistance solide contre l’enfermement, nous avons conscience qu’il faut avant tout développer les réseaux de solidarité et de soutien et ce au-delà des murs, multiplier les initiatives pour les personnes enfermées et leurs proches. Pour parvenir à une organisation efficace, il nous faut créer des espaces et des moyens pour relayer la voix des personnes ayant vu et vécu l’enfermement et diffuser la pensée anti-carcérale et les expériences qui s’y rattachent. Nous pouvons donc résumer nos objectifs ainsi :
 
 - Informer et s’auto-former (par le partage de lectures, de témoignages, de documentaires, etc...) dans l’espace public si possible, à la radio, ou en lieux ouverts.
 
 - S’entraider (par le soutien juridique, administratif, politique et émotionnel) entre personnes subissant les violences carcérales et luttant contre.
 
 - Promouvoir la pensée anti-carcérale (par l’action de rue, la diffusion dans le mouvement social et l’organisation d’évènements publics)
 

Nous sommes ouvert.es à toutes les personnes ayant subi la violence carcérale (sous toutes ses formes) ou souhaitant lutter contre toutes les formes de prison.

Pour que le monde ne devienne pas une Prison, ABOLITION !

Pour nous joindre : crac@cryptolab.net

Notes

[1QPR : Quartier de Prise en charge de la Radicalisation

[2CGLPL : Contrôleur.e générale des lieux de privation de liberté

[3Torture blanche : méthodes qui n’agressent pas directement le corps mais qui s’attaquent aux sens et aux spécificités culturelles et/ou sexuelles de la victime.

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