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Histoires et dynamiques de l’action collective paysanne en Bretagne

Luttes paysannes - ruralité

Formation Atelier Paysan
Histoires et dynamiques de l’action collective paysanne en Bretagne
Mardi 6 décembre 2022 à Vannes
Centre social Henri Matisse

Présents :

Sur invitation de l’Atelier paysan : regroupement de paysan.nes qui souhaitent prendre possession de leur outillage. S’inscrit dans l’agro-écologie paysanne. Sous forme coopérative depuis 2014. Propose notamment des formations pour apprendre à concevoir ses propres outils agricoles.

Frise historique

1860 : Création du restaurant ouvrier « la Marmite » à Paris par Eugène Varlin. Nathalie Le Mel en prend le direction et sert 200 couverts/jour, puis ouvre trois succursales autonomes.

1880 : création du Ministère de l’Agriculture (il succède à un ministère du commerce et de l’agriculture mis en place à partir de 1831 qui inclura un temps les travaux publics).

1884 : Loi Waldeck-Rousseau (pluralisme syndical) : Elle autorise la mise en place de syndicats en France, abroge la loi Le Chapelier de 1791 interdisant les corporations et fixe leurs domaines de compétence.

1891 : Grève des ouvriers agricoles - les bûcherons du Cher (1re grande manif d’ouvriers agricoles) : "Les bûcherons embauchés sur les chantiers tentent, en effet, par une grève des coupes, de faire échec à la baisse des salaires que les marchands de bois veulent leur imposer". Gaston Couté

fin du XIXe siècle : création des jardins familiaux : Les jardins familiaux, ou jardins ouvriers, apparus à la fin du XIXe siècle, sont des parcelles de terrain mises à la disposition des habitants par les municipalités. Ces parcelles, affectées le plus souvent à la culture potagère, furent initialement destinées à améliorer les conditions de vie des ouvriers en leur procurant un équilibre social et une autosubsistance alimentaire. (source wikipédia)

1906 : Charte d’Amiens lors du 9e congrès de la CGT marque la victoire du courant syndicaliste révolutionnaire dans le mouvement ouvrier de l’époque.

1907 : La révolte des vignerons du Languedoc en 1907 désigne un vaste mouvement de manifestations survenu en 1907, dans le Languedoc et dans le Roussillon, réprimé par le cabinet Clemenceau. Fruit d’une grave crise viticole survenue au début du XXe siècle, ce mouvement, aussi appelé « révolte des gueux » du Midi, a été marqué par la fraternisation du 17e régiment d’infanterie de ligne avec les manifestants, à Béziers.

1914-1918 : Reprise des fermes par les femmes qui seront mises sur la touche à la fin de la guerre.

1917 : création du restaurant coopératif « l’avenir des travailleurs » de l’arsenal de Brest

1923 : prémices de l’agriculture biodynamique

1924-1925 : mouvement de grève des sardinières de Douarnenez

1928  : Les Comités de défense paysanne, surnommés les Chemises vertes, sont une organisation agrarienne et fascisante française de l’entre-deux-guerres fondée par un fervent défenseur de la cause agricole Henri Dorgères en 1929. À la fois ligue et parti politique, la Défense paysanne se fait remarquer pour son activisme et échappe à la dissolution des ligues en 1936. Les comités regroupent des cultivateurs et des éleveurs attirés par le concept de retour à la terre. Anti-parlementaire et xénophobe, le groupe s’oppose à l’État et aux fonctionnaires, dont l’instituteur rural fournit la figure honnie. Les chemises vertes font le coup de poing contre les manifestations ouvrières -mouvement d’obédience poujadiste.

1929 : naissance de la JAC (Jeunesse Agricole Catholique). Les fondateurs de la JAC avaient pour but d’évangéliser les campagnes et d’améliorer les conditions de vie des jeunes paysans. L’enseignement catholique a souhaité former les jeunes à l’agriculture plus profondément. Souhait aussi d’aider les agri à se moderniser. Méthode utilisée = voir, juger, agir. D’abord analyser la situation, échanger avec ses paires sur les problèmes puis passer à l’action et entreprendre de nouvelles choses.

1933  : Création de la Confédération Nationale Paysanne

1936 : Office interprofessionnel du blé (volonté du gouvernement de maîtriser le flux du blé)

1937 : création des MFR (pour Maison Familiale Rurale). La première maison familiale à porter ce titre a été fondée en 1937 à Lauzun à l’initiative de l’abbé Granereau et du SCIR (Syndicat Central d’Initiative Rurale).

1944  : Tanguy Prigent est le premier ministre paysan. Il crée au début de l’année 1944 un journal clandestin nommé La Résistance paysanne et participe aux combats de la Libération à la tête de 200 FFI et de troupes françaises parachutées d’Angleterre.
Deux guerres mondiales ont été des moments charnières pour l’agriculture, avec destruction du bétail, modernisation des engins, …

1943  : création de la CGA (Confédération Générale de l’Agriculture) : La CGA est issue de la Confédération nationale paysanne (CNP), de tendance SFIO (socialiste). Ce syndicat clandestin regroupe essentiellement des militants socialistes et radicaux. https://www.lanouvellerepublique.fr/blois/une-histoire-du-syndicalisme-agricole

1946  : création de la FNSEA et CNJA en opposition à la CGA de Tanguy Prigent

1946 : Loi sur le fermage : le 17 octobre 1946, une loi garantit aux fermiers et aux métayers la pérennité de leur exploitation.

1946 : création pour l’enseignement agricole de politiques d’émancipation qui prendra le nom de CIVAM en 1962 -logique de libération du travail par la machine jusque 1993

1946  : mouvement de l’éducation populaire "peuples et cultures" , MJC

1947 : Plan Marshall

1953  : Comité de Guéret (révolte des céréaliers face à la FNSEA) - barrages routiers dans le midi par le CRSV

1958 : Michel Lebatisse secrétaire du CNJA (Bernard Lambert n 2)

1959  : création du MODEF (Mouvement de défense des exploitants familiaux) : objectif était de défendre les petits exploitants agricoles face aux gros propriétaires terriens partisans d’une agriculture productiviste et de concentration des exploitations

1960 : 1re loi d’orientation agricole

1960 : 1re manifestation ouvrière et paysanne de Saint Nazaire codeclaré par la FNSEA, la CGT

1961 : 1er Leclerc en Bretagne à Landerneau

1961  : Les manifestations paysannes de juin 1961 dans le Finistère : prise de la sous-préfecture de Morlaix en juin 1961
autoroutes pour acheminer le lait - désenclavement de la Bretagne

1962 : Création du label "Nature et progrès"

1965  : 1er GAEC ; Pour enrayer l’exode rural, l’association vosgienne d’économie montagnarde, favorise le projet de quatre agriculteurs de la commune du Haut du Tôt qui créent le premier Groupement agricole d’exploitation en commun.

1969  : création de l’association "Eaux et rivières" : L’association a été fondée en 1969 par des pêcheurs inquiets de la disparition du saumon dans les eaux bretonnes. L’APPSB, association pour la protection et la production du saumon en Bretagne, organisait au tout début de son histoire des chantiers rivières.

1970 : "paysan dans la lutte des classes"

Années 1970’ : naissance des premiers GAB

1972 : le club de Rome – Meadows

1972  : guerre du lait en Bretagne

1973  : rapport sur la souffrance des agriculteurs au travail

1974 : René Dumont se présente aux présidentielles = premier candidat à la présidentielle qui défend l’écologie.

1978 : grève de la faim d’un paysan qui pose clairement face à l’opinion public les difficultés des paysans

1978 : création de la FNAB

1979 : CLEI + contrats d’intégration : fermier reste propriétaire du bâtiment exclusivement. Tout lui est imposé (aliments, cheptel, soins vétérinaires, …). Dépendance total du fermier avec son intégrateur.

1983 : instauration des quotas laitiers (par l’UE)

1985  : création des Restos du Coeur

1987 : Création de la Confédération paysanne
Au mois de juillet 1986, la CNSTP et la FNSP (Fédération Nationale des Syndicats Paysans) perturbent ensemble une conférence de François Guillaume, ministre de l’Agriculture et qui n’est plus président de la FNSEA, pour faire valoir leurs revendications1. De cet évènement va émerger l’idée d’unir les deux syndicats paysans, malgré leur cultures syndicales différentes.

1992  : Solidarité paysans
apparaissent au milieu des années 80 les premières associations de défense des agriculteurs en difficulté à l’initiative de membres de la Confédération Paysanne, des CMR (Chrétiens en Monde Rural) et dans une moindre mesure du Modef (Mouvement de Défense des Exploitants Familiaux) et du MAR (Mouvement d’Action Rurale - d’obédience protestante). L’extension des procédures collectives à l’agriculture en 1988 ouvre des perspectives de défense pour les paysans endettés et encourage de ce fait le développement des associations. Depuis, ce mouvement associatif s’étend progressivement.
En 1992, ces associations décident de faire réseau et de se regrouper en association nationale : SOLIDARITE PAYSANS.

1992 : réforme de la PAC

1994 : formalisation des circuits courts, vente chez les producteurs

1996 : 1res actions anti-OGM

1998  : Charte de l’agriculture paysanne

1999 : Démontage du Macdo à Millau : action effectuée le 12 août 19991 par des paysans militants des syndicats agricoles Confédération paysanne et SPLB (Syndicat des producteurs de lait de brebis) sur le chantier de construction d’un restaurant de la chaîne McDonald’s à Millau, dans l’Aveyron en France.

2003 : L’association LES AMIS DE LA CONF (Confédération paysanne) est née lors du grand rassemblement paysan et citoyen sur le Larzac (Aveyron) en 2003.

2009  : Appel à créer une ZAD à NDDL lors du Camp Action Climat

2013 : Ferme des 1000 vaches

2014 : Création de l’Atelier paysan : coopérative d’intérêt collectif à majorité paysanne.

2019 : sortie de la BD « Algues vertes, l’histoire interdite » : Inès Léraud et Pierre Van Hove proposent une enquête sans précédent, faisant intervenir lanceurs d’alerte, scientifiques, agriculteurs et politiques.

NOTES GENERALES

CIVAM = volonté des instituteurs de l’agriculture à l’issue de la guerre de mettre en place une politique d’émancipation des populations rurales (mouvement du même type que la JAC, mais laïc)

Réflexion sur le « risque alimentaire » qui pu être signalé dans une commune. Obligera la commune à mettre en place des règles pour y faire face, comme on met en œuvre des choses en cas de « risque inondation », …

Discours sur de possibles pénuries justifient l’emploi des machines, des pesticides, … Or, cette crainte n’est pas toujours justifiée. Notamment lors de l’après 2de guerre mondiale.

A l’échelle des agglomérations, l’auto-suffisance alimentaire s’élève en moyenne à 2 %.

Bibliographie

  • Mendras Henri et Tavernier Yves, « Les manifestations agricoles de juin 1961 », Revue française de science politique, vol. XII, n° 3, septembre 1962, pp. 647-671.
  • Berger Suzanne, Les paysans contre la politique, Paris, Seuil, 1975.
  • Duclos Nathalie, « Y a-t-il une exception paysanne ? Réalité et limites de la violence contestataire des paysans bretons », Cultures et Conflits, 09-10, printemps-été 1993.
  • Bruneteau Bernard, « De la violence paysanne à l’organisation agricole. Les manifestations de juin 1961 en pays bigouden », Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, tome 100, n°2, 1993, pp. 217-232.
  • Bruneteau Bernard, Les paysans dans l’État. Le gaullisme et le syndicalisme agricole sous la Ve République, Paris, L’Harmattan, 1994.
  • "Résilience alimentaire et sécurité alimentaire" de Stéphane Linou
  • "Une histoire politique de l’alimentation" de Paul Ariès

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