Le COVID-19, le réseau de pouvoir et l’Etat d’exception, trop de virus !

Lorient
Ecologie Politiques sécuritaires - Surveillance Soins - Santé - Psychiatrie - Médic

L’épidémie de maladie à coronavirus, appelé dorénavant plus scientifiquement COVID-19 par les autorités, agit comme un spectre et contamine les corps et les esprits depuis dimanche 1 mars au soir dans le département du Morbihan. Ce jour là était annoncée la découverte d’un nouveau cluster autour des communes d’Auray, Crac’h et Carnac et avec lui la mise en place d’un ensemble de restrictions éditées par la préfecture.
Tentative sera faite d’analyser cet évènement, à la fois sur son déroulement, ses répercussions pour ses habitant·e·s et sur la façon dont le réseau de pouvoir adapte sa manière de gouverner les territoires et leurs esprits. Tentative sera aussi faite d’apporter des réponses collectives face à la situation, notamment par un appel clair à s’organiser en rejoignant les grèves et marches climat/gilets jaunes/violences policières du 13 et 14 mars.

La génèse de la psychose

Il ne sera pas fait de retour sur les origines de ce nouveau virus qui affole une bonne partie de la planète. Rien de tout cela ne nous intéresse vraiment, le virus est, et seul compte ici la propagation de l’évènement jusqu’au territoire qui nous concerne : le Morbihan.

Le premier cas de coronavirus recensé sur le territoire français remonte à janvier. Il concernait alors une personne chinoise séjournant en France. Il faut attendre la fin février pour commencer à voir apparaitre des phénomènes de contaminations entre individus sur le territoire national.

Le premier cas de coronavirus recensé sur le territoire breton remonte à février. Il faut attendre le dimanche 1 mars et la découverte de 9 cas groupés sur les communes d’Auray, Carnac et Crac’h pour que surgisse dans les esprits le coronavirus et les phobies liées à notre imaginaire collectif.

Les conditions pour qu'une panique collective se propage sont réunies. Ne reste plus qu'à affiner les manières de gouverner les corps et les esprits.

Le lendemain, lundi 2 mars donc, s’abat sur le département, comme une chappe de plomb mentale, un ensemble de mesures censé limiter la propagation de l’épidémie. Dans les 3 communes où des cas ont été découverts, dix écoles primaires et sept collèges et lycées sont fermés par arrêté préfectoral. Un message est envoyé aux familles et personnels des établissements scolaires la veille au soir, et des affiches sont placardées par les policiers pour rendre effectives ces fermetures. Quant aux élèves résidants dans ces communes mais scolarisés ailleurs, il leur est interdit de se rendre à l’école ou l’université.
Parrallèlement, la préfécture publie un communiqué et un arrêté préfectoral permettant de faire porter à la connaissance de tou·te·s l’ensemble des mesures décidées.

l’arrêté préfectoral en photo et en format document

Leur contenu est plutôt succinct et tient principalement en cette mesure "Interdiction par arrêté préfectoral de tout rassemblement collectif sur l’ensemble du département du 1er mars au 14 mars."

Les mots sont flous et en même temps lourds de sens. "Tout rassemblement collectif". La préfecture semble suspendre les libertés simples et fondamentales, celles de se réunir et se tenir ensemble, que cela soit pour des motifs personnels, collectifs ou encore spirituels.

Les précisions qui viennent rapidement de ces premières consignes ne dissipent pas les craintes. Très vite, les communes ayant pris le temps de se réunir suspendent toute activité communale, un tant soit peu collective, les activité sportive (clubs, piscine, compétitions, etc) ou culturelles (médiathèques, théâtre, cinéma, etc). La presse locale mais aussi les médias plus généraux s’emparent de toutes ces mesures et font office de caisse de résonnance des décisions en leur donnant une très forte visibilité médiatique.

capture d’écran du site de Ouest-France dans sa déclinaison locale pour Lorient pour le 2 mars 2020

Les conditions pour qu’une panique collective se propage sont réunies. Ne reste plus qu’à affiner les manières de gouverner les corps et les esprits.

Vers un nouvel état d’exception

Cet évènement n’arrive pas seul et peut être remis dans son contexte plus global, à savoir, une raidification des manières de gouverner avec une autoritarisation accrue, une restriction toujours plus forte de nos libertés et un pouvoir qui ne se cache même plus de mener une politique anti-sociale, en ayant recours au 49-3 pour sa réforme des retraites alors même qu’il gère dans le même temps une crise sanitaire potentiellement majeure.

Dès lors, la manière dont est gérée cette crise sanitaire doit être interrogée, et analysée pour ce qu’elle est, un renforcement d’un mode de gouvernement déjà bien analysé par Giorgio Agamben, l’état d’exception, et qui est comme nous le rappelle une contribution sur Lundi matin [1]

devenu le paradigme normal de gouvernement, il s’agit d’entendre que le réseau de pouvoir gouverne par la crise. Autrement dit qu’il entretient un imaginaire de la catastrophe dont les problématiques nous concernent mais sur lesquels nous n’avons aucune prise.

Et à ce niveau là dans le Morbihan tout comme à l’échelle nationale, les pouvoirs publics semblent parfaitement dérouler leur récital.

Revenons tout d’abord sur l’usage des mots. Quiconque n’ayant pas pour habitude de passer ses journées sur les bancs de l’École des Hautes Études en Santé Publique aura pu remarquer l’usage assez large fait par le réseau de pouvoir des termes techniques. Cluster, COVID-19, cas contact, plan national de prévention et de gestion... En se parant d’une technicité langagière particulière, ce réseau affiche par son vocabulaire une prétendue maîtrise de l’évènement. Il s’agit d’aller voir les communications de la préfécture du Morbihan pour s’en rendre compte. [2]

Ce vocabulaire n’est pas neutre et montre la volonté de la préfecture d’apparaître comme capable de gérer cette crise sanitaire. Et cela même alors qu’aucun médicament n’a encore été développé face à cette nouvelle forme de pneumopathie proche du coronavirus SRAS et dont les dégâts sont déjà dépassés. Finalement, le pouvoir se montre à nu. Face à son incapacité à répondre fortement à cette épidémie, il s’agite pour paraître encore maître de la situation.

Ce procédé n’est pas nouveau et à chaque nouvelle crise, les spécialistes, les experts et autres élus du réseau de pouvoir défilent et paradent sur les plateaux tv pour nous abreuver de leurs prétendues sciences sur un sujet dont ils ne peuvent ( et savent ) finalement peu. Qu’il s’agisse de terrorisme, d’évènements climatiques extrêmes ou de révoltes sociales trop étendues...

Il est criant de voir que face à la propagation du virus, l’État et ses services apparaissent bien démunis et ont pour seule réponse en communication, le passage des communes touchées par des cas en clusters avec les mesures qui l’accompagnent.

carte du cluster, les épingles rouges représentent les cinq communes concernées au soir du jeudi 5 mars.

La soirée du mercredi 4 mars illustre bien le rôle avant tout psychologique de cette communication. Le virus continue à se diffuser, le nombre de territoires touchés augmente et la cartographie du cluster s’actualise. Une seule personne contaminée sur la commune de Brec’h suffit à la faire basculer sous le statut de cluster, par le caractère limitrophe de cette commune avec Auray.
À Saint-Pierre Quiberon, trois cas sont découverts et la commune devient un cluster. Parmis ceux-ci, une personne de l’ENVSN - École Nationale de Voile et des Sports Nautiques, centre qui accueille une cinquantaine de personnes pour des formations. Conformément aux mesures préfectorales, l’école doit fermer le jeudi matin. Les personnes fréquentant les lieux sont informées que l’école passera en quarantaine à partir de jeudi 9h. Logiquement, le centre est deserté et les potentielles personnes contaminées s’échappent dans la nature (ou sur la mer).

L’installation d’un état d’exception médicalement assisté

Et pourtant, ces différents cas précipitent un nombre de plus en plus important de communes dans un cadre très particulier : le cluster. Nous pouvons affirmer que ce statut est une forme embryonnaire de ce que pourraît etre l’état d’exception médicalement assisté à une échelle plus large, état qu’il s’agit de définir.

Le définir nous oblige en même temps à ne pas sous estimer l’ampleur de l’évènement.

Qu'implique une restriction forte de nos libertés face à la crise sanitaire majeure qui vient ?

Et cela alors que les crises sont déjà là et nombreuses : crise climatique, sociale, etc.
Il est pourtant sain de ne pas s’interdire de remettre en question la gestion politique de l’épidémie. Et par la même, de caractériser ce qu’est un renforcement d’un mode de gouvernance bien esseulé.

Depuis le premier arrêté préfectoral dimanche 1er mars au soir, un certain nombre de mesures ont été prises et progressivement précisées [3]. Elles reglementent l’ensemble des activités quotidiennes qui affecte chaque individu et contrebalancent l’effet d’annonce anxiogène du premier arrêté préfectoral qui, du jour au lendemain, faisait basculer nos existences déjà bien mornes d’une vie faite de travail, de loisir et de contestation bien encadrée à celle d’une vie restreinte à sa seule fonction économique. En effet, en interdisant tout rassemblement collectif, notre horizon quotidien semblait se limiter dorénavant au seul travail salarié, ou à celui de s’asseoir sur les bancs d’un cours pour la jeunesse morbihannaise.
Certainement consciente du caractère juridiquement bancal de cet arrêté, la préfecture a publié jeudi 5 mars deux nouveaux arrêtés préfectoraux [4] plus explicites et posant dans le droit ce qui s’affichait déjà sur les belles infographies de la préfecture.

Enfin, vendredi 6 mars, trois arrêtés préfectoraux redéfinissent les périmètres et viennent structurer 3 niveaux de restriction.

infographie éditée par la préfecture du Morbihan

Dans ces arrêtés, il faut souligner le cynisme typique du capital qui s’y déploit. Il n’est plus possible de visionner un film sur grand écran avec ses potes, d’assister à un concert, d’enterrer mamie avec tous les copaines ou de regarder son gamin mettre la balle au centre, mais par contre il faut encore mettre son réveil pour se lever pour 1200 au nom de la sacro-sainte économie, et quand on est plus jeune, continuer à aller chercher son diplôme et sans bordeliser son lycée.

Ces mesures s’intègrent dans un cadre plus national voire international. Rappelons ici que Giorgio Agamben dans un court article daté du 26 février- nous interpellait déjà sur le renforcement de l’état d’exception en Italie induit par l’épidémie en cours [5].

A partir de cette étude des mesures prises dans le Morbihan et en France, il apparait possible d’isoler trois sortes de zone, ou de phase, qui sont d’ailleurs reconfirmées par les arrêtés préfectoraux du 6 mars, soit le lendemain de l’écriture de cette étude :

  • ZONE 1 : l’état d’exception habituel prévaut. Seul les rassemblements de plus de 5000 personnes en milieu clos sont interdits. Ici, il s’agit des communes du Morbihan ni dans les clusters ni dans les communes limitrophes de ces clusters.
  • ZONE 2 : Un embryon d’état d’exception médicalement assisté s’instaure. Une grande part des rassemblements collectifs sont interdits (réunions associatives, politiques, sportives avec public, culturelles, théâtre, etc). Il s’agit ici des communes limitrophes des clusters.
  • ZONE 3 : L’état d’exception médicalement assisté est instauré. En plus des restrictions précédemment évoquées s’y ajoute la fermeture de tous les établissements d’accueil de mineurs, des marchés et de l’ensemble des activités sportives. Il s’agit ici des communes des clusters.
    À terme, avec le probable passage en phase 3 de l’épidémie, l’ensemble du territoire français pourrait connaître des limitations de déplacement avec la fermeture totale ou partielle des transports en commun par exemple.

Cet état d’exception médicalement assisté est donc graduel et peut évoluer dans le temps. Tout comme pour l’état d’urgence lors des attentats de 2015, il est posssible d’imaginer un aller-retour entre l’état du droit précédant l’évènement et l’état d’urgence ( ici l’état d’exception médicalement assisté) qui ne sera pas sans laisser de trace sur le renforcement des mesures liberticides. Finalement, pour le pouvoir cette phase de crise sanitaire peut être l’occasion de nous habituer à une plus forte restriction de nos libertés. Un serrage de vis des règles légitimé par la psychose collective, elle-même entretenue par le réseau de pouvoir, puis certainement desseré comme pour l’état d’urgence : la menace reste, les limitations sont un peu amoindries mais le mode de gouvernance en ressort modifié et renforcé sur ses positions.

Ces mesures et communications qui accompagnent l’état d’exception médicalement assisté nous ramènent finalement au statut dans lequel les autorités voudraient nous caser : celui d’un·e individu·e sous tutelle que l’on doit prendre en charge et privé·e de son autonomie. Et cet écho d’étudiant·e·s en ébénisterie à Auray qui en sont actuellement réduits à zoner chez elleux pour jouer ensemble aux jeux vidéos illustre bien cet état de fait. Nous ramener en enfance en attendant que l’État s’occupe du reste...

Ce que nous pouvons et ce que nous devons

Face à cette épidémie, les réactions populaires doivent être analysées et critiquées. Dans le même temps, nous nous devons de revenir une force motrice de notre propre histoire et reprendre possession de cet évènement et d’élaboration de solutions pratiques.

Le principal et plus détestable écueil des réactions populaires est la litanie de théories plus ou moins conspirationnistes qui entoure ce genre d’évènements et se répandent dans les différentes couches de la société. Alors oui, le réseau de pouvoir, toujours froid et réflechi, sait profiter des évènements en cours pour gagner du terrain et élargir son offensive. Concrétement et à une échelle locale française, il est sûrement opportun pour ce réseau de clore le long et fastidieux débat parlementaire sur la réforme des retraites en ayant recours au 49.3, alors même que l’épidémie gagne du terrain et occupe les esprits. Il est d’ailleurs plus aisé de mobiliser toute la puissance publique dans la gestion d’une crise sanitaire en achevant la crise précédente qui n’est pas encore totalement endiguée, celle sociale sur les retraites. C’est le principe même de l’état d’exception, naviguer de crise en crise pour faire tenir et consolider le pouvoir.
Mais ce virus est mondial et sa propagation l’est toute autant. Et ce ne sont pas les paris géopolitiques risqués qui pourraient davantage nous aider à comprendre l’éruption de l’évènement. Ce virus surgit à l’échelle mondiale et ses effets ne semblent pas profiter outre mesure au capital et à son Empire.

Alors il s’agit plutôt de déceler ce qu’il y a de cynique à ce qu’un système mondial responsable d’une double crise écologique et sociale se découvre soudain de multiples ressources pour venir à bout d’une maladie qui dans une part non négligeable de cas se révèle assez bénine.

Cette crise montre à quel point nous sommes dépendant·e·s de la société industrialisée et decentralisée. La Chine étant à l’arrêt, la production et l’approvisionnement de médicaments à destination de l’europe s’en trouve affaiblie. Des usines et lieux d’assemblages ferment temporairement faute d’apport des ressources premières. L’économie se retrouve fragilisée, la croissance Italienne va certainement être en recession pour l’année 2020 du fait de l’épidemie. Les responsables des pays du G7 se réunissent pour trouver des solutions à cette baisse d’activité économique.

Dans le même temps, L’imaginaire collectif pousse un certain nombre de personne à adopter des comportements individualistes et détestables. Dévaliser des rayons entiers de grandes-surfaces dans une folie survivaliste, comme si l’apocalyspe sonnait à notre porte. Ainsi, il est accablant de lire qu’un magasin spécialisé dans la nourriture lyophilisé peut faire son beurre sur la crise sanitaire actuelle [6].

sortir de la psychose collective et des troubles de personnalités collectifs qui y sont associés, pour affronter froidement l'épidémie à laquelle nous devons faire face.

De même, l’explosion des prix des solutions hydro-alcoliques ou des masques de protection montre bien le cynisme total des réseaux marchands à rentabiliser jusqu’au maximum un état de crise. Face à ce tollé, notre ministre de l’économie Bruno Lemaire s’est même senti obligé d’encadrer les prix des gels désinfectants, après avoir feint l’étonnement, comme s’il découvrait le fonctionnement du marché... S’ils peuvent le faire pour des gels, pourquoi ne le pourraient-ils pas pour des loyers ?

Face à ce désastre organisé, il nous appartient de reprendre l’offensive. Cela passe déjà par une non-conformisation au schéma mental imposé par le réseau de pouvoir. A savoir sortir de la psychose collective et des troubles de personnalités collectifs qui y sont associés, pour affronter froidement l’épidémie à laquelle nous devons faire face. Ne pas céder à la panique et ne pas pratiquer une autocensure qui ferait de nous les agents les plus efficaces dans l’application des mesures liberticides édictées en ce moment.

Concrétement, c’est par exemple ne pas sur-interpréter la communication du pouvoir comme l’a fait l’intersyndicale du Morbihan le lundi 2 mars en annulant toutes ses initiatives [7] et pratiquant par la même une autocensure collective.
Ce jour là, aucune précision n’avait été encore apportée à l’interdiction de tout rassemblement collectif et cette notion paraissait bien trop floue juridiquement pour qu’elle puisse avoir une consistance quelconque sur le terrain.
S’il était juste d’en profiter pour demander une trève dans la crise sociale liée à la réforme des retraites, il aurait été plus judicieux d’imaginer collectivement des réponses astucieuses permettant de ne pas mettre fin à la mobilisation en cours tout en évitant de proposer des initiatives renforçant la propagation du virus. On peut imaginer par exemple qu’il aurait pu être repris la proposition faite en AG dans le Morbihan de proposer des mobilisations très localisées dans des dizaines de communes du département. Des initiatives de blocages des flux auraient pu à la fois endiguer la circulation du virus tout en limitant la circulation de la plus grosse pandémie que l’on connaît actuellement, à savoir l’économie ! Puisque le pouvoir est logistique, bloquons tout !

Cette autocensure, elle s’est manifestée un peu partout dans le Morbihan à la suite du premier arrêté préféctoral. Ainsi de ces cours de yoga supprimés en pagaille un peu partout dans l’agglomération lorientaise. Ainsi aussi de ces sessions irlandaises annulées dans les différents bars de la ville.

Les Gilets Jaunes du département nous ont montré la voie en ne tergiversant pas sur l'arrêté et en appelant, comme partout ailleurs ces jours derniers en France, à un rassemblement devant la préfecture du Morbihan mercredi 4 mars au soir.

À l’inverse, les Gilets Jaunes du département nous ont montré la voie en ne tergiversant pas sur l’arrêté et en appelant, comme partout ailleurs ces jours derniers en France, à un rassemblement devant la préfecture du Morbihan mercredi 4 mars au soir.
De même d’autres échelles, il était possible d’agir avec intelligence collective et de mobiliser nos propres ressources collectives. C’est par exemple ce qui s’est produit lorsqu’un des clubs d’escalade de Lorient a décidé de conserver ses séances après avoir consultés les médecins du club, tout en recommandant aux personnes malades de ne pas venir aux créneaux collectifs. C’est aussi ce qui pourrait se produire dans le milieu scolaire en imaginant des pistes pour limiter les possibilités de propagation.

Dans le domaine du travail, les initiatives ne manquent pas pour faire de cette crise un moment privilégié d’offensive contre le capital et le travail. En effet, comment ne pas voir dans la préservation absolue des rassemblements liés au travail une manière pour le système d’éviter son propre affaiblissement ? Comment peut-il être légitime d’interdire des concerts réunissant 10 passionnés de musique irlandaise tout en conservant des réunions entre trente collègues dans des boites privés et en milieu confiné ?

Si restriction il y a, faisons en sorte de les retourner contre la machine en les étendant au domaine du travail

Refusons de nous réunir pour élaborer un nouveau projet entre collègues ou pour répondre à un appel d’offre ! La grève de décembre n’a pas été assez efficace ? Remplaçons la par notre légitime droit de retrait face à la menace d’une contamination sur notre lieu de travail ! Désertons le travail, arrêtons les frais et relocalisons nous au plus proche de nos lieux de vie.
Nos chefs voudraient nous voir travailler à distance via les outils numériques, refusons cette démarche. Dans certaines branches, rien ne nous oblige à nous plier au télétravail. Dans l’éducation nationale par exemple, ce télétravail ne peut être appliqué que sur demande écrite du salarié·e, et non l’inverse !

Et lorsque nous nous réunissons entre habitant·e·s, tentons de penser collectivement des manières de limiter la propagation du virus. Élaborons des solutions adaptés à nos territoires. L’insularité de certaines îles peut par exemple devenir un atout.
Et collectivement, allons faire pression sur la marchandisation de notre santé. Faisons plier les grands labos en rendant gratuit et accessible au plus grand nombre l’utilisation de tests de dépistage au COVID-19. Les autorités sont actuellement encore frileuses à la généralisation de ces tests du fait de leur coût ! Il ne peut y avoir d’argent fait sur les questions de santé publique, ni sur les autres questions d’ailleurs.

Et comme cette crise illustre à merveille les impasses du monde industriel actuel, il nous faut amplifier les propositions de mobilisation autour des questions sociales et climatiques qui doivent se dérouler le 13 et le 14 mars prochain. Des collectifs écologistes de jeunes appelent déjà à une grande grève pour le climat vendredi 13 mars [8]. Aidons les à faire de cette journée une date qui portera à tout jamais la poisse au vieux monde ! Nous, membres de la jeunesse bien concients des crises en cours, construisons les bases d’un nouveau monde.

Et si l’épidémie se renforce et empêche de trop larges rassemblements, multiplions les actions contre les responsables du désastre écologique en cours. Et le 14 mars, ne nous arrêtons pas en si bon chemin, déferlons sur Paris si la situation le permet, mobilisons nous massivement pour partir à l’assaut des métropoles et si cela n’est pas sanitairement possible, prolongons les offensives entamées la veille. Il n’est pas nécessaire d’être des centaines pour bloquer des banques, les entreprises polluantes et certains de leurs chantiers qui vont avec...

C’est par la fin de l’autocensure collective, par l’intelligence collective face à cette crise sanitaire, et par l’élaboration d’actions collectives diverses et multiples que nous pourrons endiguer cette double pression auquel nous faisons face, pressions de l’état d’exception médicalement assisté et du virus COVID-19 !

Face à cette folie généralisée, il nous appartient de faire front et ne pas nous laisser impressionner par le cours des évènements. Ne pas laisser la psychose nous empêcher d’agir, de nous rassembler et de continuer de partir à l’assaut du ciel et au-delà. Car ce monde se meurt déjà de sa folie, et que seules nos résistances permettront d’endiguer les diverses menaces qui planent sur notre éco-système et le cours de nos existences.

Collectif M.E.R
Morbihan Ecologiste Résistance
contact : collectifmer @ riseup.net (supprimez les espaces autour de l’arobase)

Notes

[3Voir ici la Foire aux Questions éditée par la préfecture mardi 3 mars ou encore les précisions apportées aux mesures dans le milieu scolaire http://www.morbihan.gouv.fr/content/download/46662/333873/file/FAQ%20Education%20Nationale%203%20mars%202020.pdf et
http://www.morbihan.gouv.fr/content/download/46627/333689/file/FAQ4.pdf

[8Voir à ce sujet leur appel pour Rennes dans cet article

13 mars : Grève mondiale pour le futur !

Le vendredi 13 mars, rejoignons nous toustes au Thabor à 14h pour une grève mondiale pour le futur ! Fêtons ensemble les un an du mouvement des jeunes en grève pour le climat et pour la justice sociale en battant le pavé !
(le rdv sera décalé à St Anne si le parc est fermé)

ou encore l’appel lorientais à ce rejoindre à partir de 13h30 vendredi et disponible sur facebook

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