Non à la criminalisation du mouvement social !

Répression - Justice - Prison

Depuis près de trois mois, le mouvement social contre la loi travail rencontre une répression inédite de la part du gouvernement.

Interdictions des manifestations, interpellations préventives, interdictions personnelles de manifestations ou de centre-ville, mutilations à coup de matraque ou de flash-ball, peines de prison.

Toutes les composantes de la lutte sont attaquées, que ce soit à travers la perquisition et le saccage de locaux syndicaux, l’expulsion d’amphis ou de théatres occupés, l’intervention de la police dans les lycées, le déblocage par la force d’un dépôt pétrolier, d’une gare ou d’une rocade.

À Rennes, où la lutte s’organisait à la maison du peuple, la préfecture n’a pas hésité à faire intervenir le RAID pour en expulser ses occupants.

Depuis mardi 17 mai, des grèves reconductibles dans plusieurs secteurs, dont les transports, ainsi que des actions de blocage économique ont lieu dans toute la France. Ainsi la rocade de Rennes a été bloquée à trois reprises malgré la présence d’une nombre ahurissant de policiers.

Prendre part au mouvement aujourd’hui, c’est être exposé immédiatement à la peur de la répression policiaire et judiciaire.

C’est dans ce contexte que 20 personnes mobilisées dans la lutte contre la loi travail ont été arrêtées jeudi matin dans le métro rennais. Elles auraient tenté d’empêcher le fonctionnement des bornes de compostage avec de la mousse expansive, une action visant la gratuité des transports qui s’inscrit entièrement dans l’esprit du mouvement.

C’est donc par une magie dont seuls les procureurs et la police ont le talent qu’une action consistant à encrasser quelques bornes de compostages de tickets de métro devient ’association de malfaiteurs et dégradations volontaires de biens destinés à l’utilité publique par des personnes agissant en réunion et dissimulant leur visage pour ne pas être reconnues’.

Une fois n’est pas coutume : le chef d’inculpation d’ ’association de malfaiteur’, aussi vague et arbitraire que très lourd en terme de condamnation (délit passible de sept années d’emprisonnement), est utilisé pour isoler et frapper durement quelques-uns dans le but d’intimider tous ceux qui prennent part à la lutte.

On voit bien où veut nous conduire l’opération : n’importe qui participant à une action collective pourrait être considéré comme membre d’une ’association de malfaiteurs en vue de commettre des violences ou des dégradations aggravées en bande organisée’.

Le procès des 20 personnes arrêtées pour l’action du métro est le procès de tout le mouvement.

NOUS APPELONS TOUT LE MOUVEMENT À SOUTENIR LES CAMARADES INTERPELLÉS.

NOUS APPELONS À LA CRÉATION D’UN COMITÉ LARGE CONTRE LA RÉPRESSION ET LA CRIMINALISATION DU MOUVEMENT SOCIAL.

Contact : aginterpro@riseup.net

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