Soutien au secteur de la petite enfance : "Pas de bébé à la consigne !"

Rennes
Educations - Système scolaire Soins - Santé - Psychiatrie - Médic

A l’appel de l’initiative "Pas de bébé à la consigne !", le personnel de crèche, les ATSEM, et autres professionnel·les qui accompagnent quotidiennement les enfants de 0 à 6 ans, dénoncent les mesures successives qui dégradent leurs conditions de travail et porte atteinte à la sécurité physique et affective des enfants accueilli·es dans leurs établissements !

La revendication phare : le retrait du décret du 28 juillet dernier, passé furtivement pendant la période estivale autorisant entre autres l’emploi de personnel non qualifié dans les crèches.

En Ille-et-Vilaine, le rendez-vous était donné à 10h devant l’hôtel du Département, dans le nord de Rennes. A 10h pétantes le trottoir commence déjà à déborder. Une syndicaliste de Sud Collectivités Territoriales se réjouit de la foule, agréablement surprise. Vers 10h30, on appelle à se rapprocher de l’enceinte, le collectif "Pas de bébé à la consigne", dont font aussi partie la CGT, Sud CT et la Cfdt font une prise de parole et accuse les représentant·es de l’Etat de traiter les jeunes enfants "comme du bétail" et revendiquent une revalorisation des métiers du secteur de la petite enfance, autant dans la qualification, que la considération et la rémunération ! L’intervention est applaudie par la foule, la conclusion annonce le départ en manifestation spontanée, en accord avec les forces de police. Le cortège déterminé s’avance vers le Boulevard d’Armorique.

Les professionnel·les sont en très écrasante majorité des femmes. [dans la suite de l’article les accords sont systématiquement au féminin grammatical] Elles sont venues en équipes. C’est le cas des ATSEM des deux écoles publiques de Bains-de-Bretagne qui ont toutes débrayées pour venir au rassemblement.
"C’est la première fois qu’on arrive à faire ça, toutes les ATSEM des deux écoles sont en grève ! Alors on veut croire que ça va payer !"
Parmi elles, aucune n’est syndiquée, pourtant, elles sont venues en groupe, et en colère. Comme l’équipe d’une crèche de Vitré. Elles sont sept à s’être déplacées jusqu’à Rennes et toutes arborent l’étiquette "Pas de bébé à la consigne" et chantent "Taquet nous fait la guerre, par sa réforme pourrie ! Mais on reste déter, pour la mettre au tapis !" haut et fort dans le cortège soudé.

Les slogans s’enchaînent et reprennent des comptines pour enfants, telle que "la famille tortue", les manifestantes chantent "Jamais on n’a vu, jamais on ne verra, un enfant d’15 mois s’exprimer sur une loi. Alors je suis là, pour me battre pour ses droits, cette réforme passera pas, car nous on lâchera pas !"
Les chants dénoncent l’épuisement des professionnelles et mettent le bien-être des enfants au cœur de leurs préoccupations.
La mobilisation reçoit un grand soutien de la part des parents, dont certain·es sont venues soutenir le rassemblement. "Oui, ça nous met dans la merde, mais vous avez raison !" Les directions se positionnent également au côté de leurs équipes et sont nombreuses à se mettre en grève, au moins une heure dans la journée.

Dans le 35, sur cette journée de mobilisation, une majorité des établissements d’accueil est affectée. Certaines unités sont totalement fermées, d’autres fonctionnent au service minimum. A la suite de la manifestation, une délégation devait être reçue par des représentant·es du département. Si la tenue et les suites de ces échanges sont pour le moment inconnues, la mobilisation est perçue comme une première victoire dans les rangs des manifestantes, qui n’ont pas dit leur dernier mot.

Car en effet, l’état des lieux dressé par les professionnelles est glaçant. Dans ce secteur très très largement féminisé de l’action sociale, les conditions de travail ne font pas exception. Les professionnelles sont sous-rémunérées, les équipes sont en permanence en sous-effectif, les locaux ne sont pas adaptés, etc. Et les réformes et mesures qui s’enchaînent n’entraînent que des dégradations. Le manque de considération pour les professionnelles et le travail essentiel qu’elles effectuent est fondé sur une discrimination de genre. Cela repose notamment sur une essentialisation de la tâche du soin des jeunes enfants, qui reviendrait "naturellement" aux femmes.

En tant que collectif féministe, nous refusons cette assignation arbitraire, réductrice et sexiste, qui de fait nous précarise spécifiquement.
Nous revendiquons une répartition équitable et dégenrée des tâches de soin, de lien et d’éducation, autant que du reste du travail reproductif comme l’entretien, qu’il soit salarié ou domestique, sur lequel repose le fonctionnement de la société.
Aussi, nous revendiquons une organisation solidaire de la prise en charge de la petite enfance, respectueuse de l’intégrité des enfants comme de celle des professionnelles :un véritable service public du soin et de la petite enfance, qui ne mette pas en compétition les familles, qui puisse accueillir réellement tout le monde, avec autant de professionnel·les que nécessaire, pour tous les enfants qui en ont besoin.

Pour mener cette bataille, nous soutenons les professionnelles mobilisées et appelons largement à s’organiser, pour construire un rapport de force solide et défendre nos droits et en gagner de nouveaux.

Pierre par pierre, organisons-nous pour construire une grève générale féministe le 8 mars 2023 !

P.-S.

Tu peux nous contacter, rejoindre le groupe féministe de ton quartier et en savoir + sur nos actions !
par mail : noustoutes35@gmail.com
Facebook : Nous Toutes 35
Instagram : noustoutes35

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