Pour une réponse unitaire et déterminée face aux politiques anti-exilé·e·s

Rennes : un bidonville de refugié-e-s dans un parc, réprimé par la police.

Depuis le début de l’été, un bidonville de personnes réfugié-e-s et sans papiers a vu le jour dans un parc de la ville, aux abords d’un camping 3 étoiles. A l’heure actuelle ce sont près de 360 personnes qui y survivent dans 201 tentes, dont 62 enfants (dont 8 bébés), 2 femmes enceintes, 30 personnes souffrant de pathologies lourdes (des dialysées, des personnes sous chimiothérapie, une ayant subi une opération chirurgicale récemment...).

Samedi 14 septembre dernier, une ambulance a même ramené une femme qui venait de se faire opérer, l’hôpital débouté par le 115 l’a lui-même orienté vers ce campement de la honte. Des médecins, venus effectuer des visites médicales, en sont repartis écœuré-e-s et en font un bilan sans appel : le « campement » ne respecte aucune norme établie par l’UNHCR (organisme de l’ONU en charge de l’accueil des réfugié-e-s) en terme d’accès à l’eau, aux sanitaires, aux douches, au soin… les derniers jours de froid et de pluie ont fait réapparaître des maladies qui ne peuvent que se propager dans ces conditions. Sans parler des rats, des lapins…

Cette situation dans une ville comme Rennes est inédite, signe d’une aggravation des conditions de vie des personnes exilées et sans papiers en France et d’un durcissement des politiques d’accueil que l’on constate depuis plusieurs années déjà.

Une rafle policière

Et si cette situation ne suffisait pas, les pouvoirs publics, procureur et préfète, ont ordonné jeudi 12 septembre dernier une très vaste opération de police dès l’aube : une vingtaine de camions de CRS et gendarmerie pour procéder à des contrôles de police et établir des « listes ». Des policiers qui établissent des « listes » de personnes réfugiées au petit matin, ça ne rappelle pas vraiment les heures les plus glorieuses de la « République ». 4 personnes seront arrêtées, 2 sont toujours placées au CRA. Un parloir sauvage est prévu ces prochains jours pour leur apporter notre soutien, à elles comme à toutes les personnes (et les enfants) enfermées dans ces centres immondes.

De son côté, la municipalité de Rennes, qui va du PS à l’UDB en passant par EELV et le PCF (qui se drapent d’humanisme derrière quelques communiqués de presse qui ne font pas oublier que ces organisations gèrent la ville mains dans la mains avec Nathalie Appéré, députée PS qui vota la déchéance de nationalité) slalome politiquement depuis des mois : une once de dénonciation de la politique préfectorale, quelques fanfaronnades médiatisées pour rappeler tout ce que fait Rennes Métropole en matière d’hébergement d’urgence, mais aussi, dénonciations publiques en conseil municipal des collectifs qui ouvrent des squat pour mettre à l’abri ces exilé-e-s à la rue quand ce n’est pas tout simplement le mépris.

La solidarité se construit face au monde de Macron

Samedi 28 septembre aura lieu la seconde manifestation d’ampleur appelée par l’inter-organisation (près de 40 structures politiques, associatives et syndicales) de soutien aux exilé-e-s de Rennes. Nous appelons notamment à « dépasser les seul.e.s rennais.e.s ! La répression et le harcèlement qui frappent les personnes exilées touche toutes les villes de France : Nantes, Brest, Caen, Angers, Calais, Grande-Synthe, Paris-La Chapelle, Saint-Ouen, Strasbourg, Marseille, Lyon, Saint-Etienne, Toulouse, Bordeaux... » Car face au rouleau compresseur des politiques racistes et discriminatoires du gouvernement, face à la crise sanitaire et humanitaire que connaissent les exilé-e-s dans bien des « campements » en France il est urgent de changer de braquet et de franchir un cap dans la réponse unitaire et déterminée de notre camp social.

Le NPA Rennes y travaille, comme il travaillera à établir des ponts entre les mobilisations sociales de cette rentrée, à commencer par la date du 24 septembre, et la lutte antiraciste et pour l’égalité des droits. Le « nouveau monde » d’Emmanuel Macron est en réalité l’incarnation des vieilles ficelles politiciennes qui tentent imposer dans l’espace public un débat sur l’immigration et les demandeurs d’asiles, pare-feu usé jusqu’à la corde pour faire taire la contestation sociale. La défense de nos droits et de nos conquis sociaux passent aussi aujourd’hui par le combat pour l’égalité des droits pour tou-te-s les travailleurs/euses sans papiers, et leurs dignes conditions de vie.

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