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Récit du meeting en soutien aux Soulèvements de la terre

Rennes
Ecologies - Aménagement du territoire

Plus de 300 personnes se sont retrouvées ce mercredi 19 avril dans une grande salle du centre chorégraphique de Bretagne.
Le comité rennais des SDT avait invité de nombreuses organisations à prendre la parole afin de construire un large front face à la répression du ministère de l’intérieur, entre les mouvements féministes, écolo et anti-racistes.

La Confédération paysanne, Solidaires 35, du Planning familial, du collectif Colère, la CGT Cheminot, la LPO (Ligue de protection des oiseaux), le réseau Serhildan, Sud PTT, le NPA (Nouveau parti anticapitaliste), la coalition rennaise contre Darmanin, la Cimade, Autonomie de classe, Paysans de nature, le collectif Terrestre…, les militant.es étaient nombreux.ses pour apporter leur soutien aux Soulèvements de la Terre.

Communiqué du Planning Familial

Pourquoi le Planning Familial 35 souhaite joindre à sa voix aux vôtres ce soir :
L’accaparement des terres, l’accaparement des ressources, l’accaparement du temps, l’accaparemment des richesses, puis les menaces, les dissolutions d’associations et mouvements de gauche, ce sont des mécanismes utilisés par le même système politique.
Oui, nous luttons différemment et dans des endroits différents, mais nous voyons très bien la continuité entre nous battre pour le droit à l’IVG, les droits des personnes trans, et se battre contre l’accaparement des terres, de leurs ressources, de leur richesse.
Les soulèvements de la terre et le Planning Familial, comme tout autre association ou collectif présent ce soir, faisons face à des ennemis qui agissent aussi bien sur le plan de la morale que sur le plan politique. Ce sont des ennemis organisés qui font par exemple qu’aujourd’hui nous subissons une pénurie organisée de médicaments abortifs et d’hormones d’affirmation de genre.
Le Planning Familial est un mouvement d’éducation populaire qui tend à s’inscrire dans tout ce que l’impérialisme néolibéral exècre : la propriété collective des savoirs, l’accès aux droits et aux méthodes permettant le contrôle de nos corps par nous-mêmes, l’importance pour nous des relations
entre les personnes, et entre les personnes et leur milieu.
Le Planning Familial est lui aussi régulièrement la cible de pouvoirs politiques, en France et dans le monde : menaces sur nos financements et menaces sur le bienfondé de nos missions font partie de notre quotidien, quand ce n’est pas simplement nos locaux et notre intégrité physique qui sont en jeu face aux militant ⋅ es fascistes qui prospèrent dans la politique actuelle.
Aussi, ce n’est pas un hasard si bon nombre d’entre nous, militant ⋅ es du Planning Familial 35, sommes engagé ⋅ es dans d’autres luttes : vous nous retrouverez qui dans un syndicat, qui dans une association écolo, qui dans une organisation antispéciste, qui dans un collectif de lutte pour les droits des personnes exilées, qui dans un collectif pour la défense de la sécu, etc etc.
Nos luttes sont multiples, mais elles défendent un horizon plus joyeux et émancipateur que celui de nos ennemis. Nos luttes nous rassemblent.
Nous sommes les soulèvements de la terre.

Communiqué de la Conf 35

Je parle au nom de la Confédération Paysanne d’Ille-et-Vilaine et de ses 250 adhérent.e.s. La Confédération Paysanne est un syndicat représentatif. Nous siégeons, entre autre, à la Chambre d’Agriculture, dans les Safer (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural) et les Comités de gestion de l’eau, en portant notre projet d’agriculture paysanne. Nous avons pour objectif principal l’installation de nombreux paysans et de nombreuses paysannes et de participer aux dynamismes de nos territoires.
Nous avons depuis toujours, au delà de nos rôles institutionnels, alerté et lutté pour nos biens communs et inscrit notre projet agricole dans un projet de société : du Larzac à Notre-Dame-des-Landes ; du fauchage des OGM à la ferme des milles vaches.
Malheureusement et particulièrement dans notre région, nous déplorons l’artificialisation des terres agricoles, la disparition des haies, des talus et bientôt l’accaparement de l’eau. Ce n’est plus seulement un désaccord de système de production entre paysan.ne.s et agriculteurs industriels. Maintenant, c’est aussi un combat contre l’accaparement des terres par des sociétés financières. L’accaparement des terres par les industriels remet en question la souveraineté alimentaire des peuples et l’autonomie des paysans et des paysannes.
Ici, à Rennes, nous avons la société Bridor qui s’accapare 30ha de terres bocagères. 600 autres hectares de terres sont destinés à une ligne grande vitesse reliant Rennes et Nantes. En centre Bretagne, nous avons Alto (Brets) et il y en a bien d’autres qui grandissent, silencieusement. Les travailleurs et travailleuses de la terre disparaissent 1 à 1, remplacé.e.s par ces firmes qui possèdent à présent plus de 10% de nos terres en France. Et quand ils auront détruit ces terres, abattu les arbres, dévasté les cours d’eau et anéanti le vivant, ils se déplaceront pour en ravager d’autres.
Nous sommes tous et toutes traversé.e.s par une immense tristesse et une immense rage de voir nos terres, nos vies et le monde être détruits pour une poignée de milliardaires. Nous ne sommes ni les premier.e.s ni les dernier.e.s à alerter du danger d’une minorité au 
pouvoir. Mais aujourd’hui, nous sommes dans une situation plus que préoccupante, car si cela perdure, ce n’est pas seulement la faim, la pauvreté et les guerres que nous allons voir apparaître mais bien la fin de la viabilité de notre planète. 

Et il n’y pas que les luttes environnementales et agricoles, les luttes sociales comme la lutte contre la réforme des retraites, préoccupent les paysans et les paysannes. Dans cet air de lutte, la convergence est nécessaire.
Alors certain.ne.s se soulèvent, écrivent, parlent, construisent et agissent. Institutionnellement ou dans la rue, tout est bon à prendre pour les arrêter. Les un.e.s luttent dans les campagnes, les villes ou les quartiers, d’autres dans les syndicats, dans le soin, dans des assos ou dans des partis ; d’autres écrivent, chantent ou mettent leurs corps et leur vie en danger quitte à se faire mutiler. Mais nous avançons tous et toutes vers le même but, anéantir le capitalisme ( ! ), pour que nos enfants survivent. 

La tâche n’est pas simple mais le nombre, la solidarité, les alliances, les intelligences et les stratégies multiples nous emmèneront à notre but,
vers de nouvelles manières de voir le monde et de fonctionner ensemble. Les conflits vont être de mise comme les échecs, les tentatives, les rattrapages et les loupés. Mais ça ne nous arrêtera pas, ça nous renforcera. C’est ça que nous voulons, c’est ça que nous aimons, car c’est de ça que nous nous nourrissons.
Nous protégerons la biodiversité comme les diversités d’être, d’agir et de penser.

Nous saurons nous remettre en question et nous réinventer et ce jusqu’à la fin de leur monde. Et puisque de toutes façons, maintenant que nous sommes au courant, nous ne pouvons plus faire marche arrière, nous allons faire en sorte de bien le faire. Nous allons continuer à nourrir les gens et à lutter mais en riant, en créant et en s’aimant. Un mixte entre la détermination, la joie, la rage, les stratégies, l’attention, les combats et la fête. Nous sommes inventifs et inventives, spontané.e.s, réfléchi.e.s, solidaires. Nous sommes puissants et puissantes. Nous sommes multiples et insaisissables. Nous soutenons les soulèvements de la terre.

Communiqué de la LPO Rennes

Le ministre de l’Intérieur a enclenché fin mars, à la suite de la manifestation « anti-bassines » qui s’est déroulée à Ste-Soline dans les Deux-Sèvres le 25 mars dernier, une procédure de dissolution à l’encontre des « Soulèvements de la Terre », mouvement écologiste prétendument violent et « écoterroriste ».
L’association LPO Bretagne, représentante officielle de la LPO France en région Bretagne, a pour objet, comme sa grande sœur, d’agir en faveur de la biodiversité, de toute la biodiversité. Bien que portées par des valeurs fortes et intransigeantes, les actions de la LPO Bretagne reposent principalement sur le dialogue, l’apaisement et le partage, qu’elle considère comme les plus puissants facteurs d’un changement durable.
Pour autant, au regard de l’effondrement dramatique de la biodiversité observé ces cinquante dernières années, notamment dans nos campagnes, qui s’explique par la modification des habitats et de l’utilisation massive des pesticides résultant de la radicalisation de l’agrobusiness, la LPO Bretagne juge utile et importante l’agitation des consciences instiguée par les « Soulèvements de la Terre ». Elle comprend aussi l’expression de certaines colères et l’envie de quelques uns de combattre coûte que coûte un système qui semble juste penser à son intérêt immédiat et qui se moque de leurs peurs légitimes.
Aussi, plutôt que de vouloir dissoudre un mouvement dont la finalité n’est certainement pas la violence mais de porter une vision de l’intérêt général, l’État devrait aujourd’hui prononcer avant tout un « cessez-le feu », et en profiter pour prendre enfin la mesure réelle de l’effondrement écologique en cours.
Dans ce contexte, la LPO Bretagne apporte un soutien clair et entier au mouvement des « Soulèvements de la Terre » face à ce projet de dissolution.

Déclaration de la CGT cheminot.es

Depuis les annonces de l’abjecte Darmanin de ses velléités de dissolution de ce collectif, nous savons maintenant, et plus que jamais, quel ennemi nous fait face.
Il est de ceux qui défendent la pensée unique, le déni de démocratie et le refus de la pluralité des idéologies.
Pour chaque pas n’allant pas dans leur sens, une annonce de dissolution ou une remise en question de la légitimité est mise à l’ordre du jour.
Les soulèvements de la terre, la défense collective, la Ligue des droits de l’Homme et maintenant le Conseil d’Orientation des Retraites.
Une réaction aussi épidermique ne peut vouloir dire qu’une chose, nous leur faisons peur.
Nous, héritiers d’Emile Pouget et de sa théorisation du sabotage.
Nous, héritiers de Fernand Pelloutier et de sa théorisation de l’action directe.
Nous, héritiers de Suki Manabe, l’un des premiers chercheurs à alerter sur les effets d’un doublement des émissions de gaz à effet de serre en 1979.
Nous leur faisons peur au point que leur seule réponse est celle de la censure.
Une censure, qui, dans une proportion plus qu’alarmante, ne concerne que des organes promouvant des idéologies progressistes, et donc foncièrement de gauche.
Car, au-delà de la dissolution qui nous réunit ce soir, c’est avant tout une pente toujours plus glissante vers l’extrême droite qui nous est proposée.
Une pente qui ne mène que vers une idéologie raciste, capitaliste et donc anti-social.
Nous arrivons aujourd’hui à l’intersection de nos luttes, qu’elles soient environnementales, féministes, anti-racistes, pour les droits LGBT, pour les exilés, pour les travailleuses et travailleurs, celles-ci ne pointent que vers un responsable, le système capitaliste mondialisé.Quels que soient les modes d’actions utilisés, ceux-ci doivent continuer,
s’amplifier, et nous mener à l’abattement de ce système injuste.
Quels que soient les modes d’actions utilisés, aucun·e citoyen·ne français·e ne devrait avoir à se faire tabasser par la milice politique du gouvernement.
Quels que soient les modes d’actions utilisés, aucune association ou collectif portant des idéologies de progrès social, de lutte pour le vivant, ou encore de défense des droits de l’homme ne devraient avoir à subir des menaces gouvernementales.
Comme le dirait nos camarades des Soulèvements de la Terre « Ce qui repousse partout ne peut être dissous », alors continuons de nous soulever à chaque minutes, heures et jours.
Soyons partout, à commencer par l’A69 les 22 et 23 Avril prochains.
La CGT Cheminot·es de Rennes et l’ensemble de ses syndiqué·es apporte tout son soutien, sa solidarité et sa fraternité à ses camarades des Soulèvements de la Terre.
Et continuera de s’inscrire dans les actions proposées par ce collectif, car Nous sommes les Soulèvements de la Terre.

Photos de la pose de banderole pendant la déambulation festive qui a suivi le meeting

Le comité rennais existe depuis octobre 2022. On y organise des réunions publiques, on mobilise sur les grandes dates et on se met en lien avec des luttes locales, comme la lutte contre l’usine Bridor à Liffré ou la lutte contre l’Usine à Saumon à Guingamp.

Cela nous permet de faire le lien entre les dates appelées nationalement et les questions politiques et locales en ouvrant des espaces d’échanges et de discussions stratégiques.

La prochaine assemblée rennaise des SDT aura le 2 mai à 18h30 au Centre Culturel Le Triangle.
Toutes les personnes qui veulent participer localement aux Soulèvements de la Terre sont les bienvenues ! 🌱✊

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