--- Acte XV : Sous pression ---

Peu importe le dispositif policier, le mouvement déborde et la police s’essoufle !

Beaucoup attendaient ce samedi avec impatience, le Grand Ouest s’invitait à Rennes, laquelle n’avait pas connu de régionale depuis cinq semaines.

Une 10aine d’arrestations avant même le début de la manif

La préfecture et la DDSP (Direction Départ Sécurité Publique) ont préparés le terrain : intervention du RAID dans deux appartements, fuites et déclarations dans Ouest-France, planques et mise en place des caméras mobiles...
Mais la stratégie du nouveau patron de la sécurité publique n’a pas eu l’effet de dissuasion escompté.

Et les lamentations de la mairie et du Carré Rennais (asso des commerces du centre-ville) n’y changeront rien. Rennes est en état de siège pour ce week-end, toutes les banques et autres agences sont couvertes de barricades.

Les manifestants étaient bien présents hier après-midi, environ 4000 gilets jaunes dans les rues de Rennes. En face le dispositif de maintien de l’ordre comptait environ 400 agents. Le centre-ville était inaccessible aux transports publics, les flics fouillent les sacs en plein milieu de la place...

Très tôt dans la matinée les forces de l’ordre ont déjà effectués des contrôles en amont que ce soit dans le centre-ville ou sur les routes nationales, résultat une dizaine d’interpellés dont certains sont toujours en garde-à-vue.

Le cortège s’élance très tôt au départ de République vers Charles-de-Gaulle, agrégeant sur sa route de nombreux gilets jaunes.
Mais au moment de remonter par la rue Joffre la CDI (Compagnie Départ d’Intervention) se positionne et barre la route, premières lacrymos, premières réponses du cortège, la balade est finie. La consigne des forces de l’ordre est claire, cantonner le cortège au sud des quais, ne pas déranger le commerce du samedi.

Le temps de s’équiper et le cortège s’allonge sur le boulevard Liberté pour passer par les rues parallèles...Plusieurs points de fixation se forment. Au niveau des halles on pousse derrière une banderole renforcée, on échange des feux d’artifice contre des grenades, la BAC qui tient la rue panique quand elle aperçoit dans son dos une nuée de gilets jaunes retardataires venue en renfort. Soutenu par les gendarmes mobiles elle lance plusieurs charges sur la banderole et le cortège qui résiste avant de devoir reculer sous le nombre croissant de flics, la banderole est prise.
Plusieurs blessés par des coups de matraque, des projectiles de désencerclante et de LBD.
Le boulevard Liberté est noyé sous la lacrymo, les FDO tirent dans tous les sens, nombreux palets atterissent sur les toits des immeubles...Le temps de se reformer et une impulsion lance le cortège dans les ruelles derrière le Lycée Zola direction les quais. Pendant ce temps d’autres manifestants fixent toujours les flics sur le carrefour. Une centaine de GJ franchissent rapidement le pont sur la vilaine et accèdent au vieux rennes par la place Saint-Germain avant qu’une nouvelle compagnie de GM n’y bloque l’accès. Le gros de la manif se retrouve à Répu, moment de flottement, les CRS bloquent les principaux accès au centre-ville...Pendant ce temps les camions vides de la CDI passent à proximité comme si de rien n’était. Le premier rideau du dispositif policier franchit il faut continuer pour ne pas rester dans l’étau mais c’est déjà trop tard...Trop d’attente, les CRS en profitent pour charger à plusieurs reprises sur Répu, plus tard en combinaison avec la BAC et puis enfin la CDI apparait sous les arches.

Charges et tirs de LBD, parfois depuis les camions

Le cortège est scindé en plusieurs morceaux, la situation est confuse pour les uns comme pour les autres, les manifestants saisissent le peu de mobilier urbain qu’ils trouvent pour ralentir les bleus, des poubelles enflammés sur la route... Les ruelles sont le cauchemar des forces de l’ordre, à chaque coin de rue ils peuvent se retrouver encerclés par la marée jaune. Alors ils sont généreux en lacrymos et chargent de façon désordonnés pour pousser les manifestants sur les grands boulevards. Au passage des tags sur le siège historique de Ouest-France, une agence immobilière fracassée et puis c’est au tour de deux agences bancaires : les plaques de bois ne suffisent plus, les manifestants forcent les portes et s’en donnent à coeur joie sur les DAB.

La foule recule mais répond aux tirs des FDO par des jets de bouteille. La rue d’Isly est jonchée de bris de verre alors que le cortège principal recule vers gare sud. Les bleus pensent sonner la dispersion quand ils pourchassent entre la gare et la prison des femmes différents groupes éparses de manifestants, ils chargent et tirent (parfois depuis les véhicules) pour terroriser les gilets jaunes...
Mais c’est sans compter la détermination des autres manifestants restés en arrière, un petit groupe profite de l’éparpillement des flics entre Répu et Gare Sud pour se lancer après 17h dans la direction de l’hôtel de police pour le caillasser. Le soleil se couche, l’odeur des flammes remplacent celle des lacrymos.

Près de trois heures de guerilla urbaine à Rennes, le dispositif policier impressionnant n’aura pas suffit, comment le pourrait-il face à une multitude de cortèges déterminés et échauffés qui refuse de se balader tranquillement sous le soleil.

Les forces de l’ordre ont montrés qu’elles étaient à bout, de par ses déclarations dans la presse et par son attitude dans la rue, quinze semaines de mobilisation laisse des traces, les primes et autres compensations promises par le gouvernement n’y changeront rien : les flics s’essoufflent plus vite que le mouvement !

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Prochaine manif du Grand Ouest à Nantes samedi prochain.
Manif locale samedi : Rennes 14h Répu.

Compte rendu de Rennes DTR

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