Bassines non merci !

Niort
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  • Vienne : l’incendie d’un engin de chantier rallume la tension sur les bassines

    Dans la nuit du mercredi 11 au jeudi 12 juillet 2021, un engin de 23 tonnes a été incendié à Saint-Sauvant (Vienne) sur un chantier lié au projet de stockages d’eau le long de la Sèvre niortaise. Promoteurs et opposants au projet réagissent.

    Dans la nuit du mercredi 11 au jeudi 12 août 2021, une pelle mécanique de 23 tonnes a été incendiée sur un chantier de fouilles archéologiques lié au projet de bassines, à Saint-Sauvant, commune de la Vienne située à environ quatre kilomètres de la commune d’Avon, dans les Deux-Sèvres. La pelleteuse appartenait à la société 2 Sévrienne Service, située à Saint-Gelais.

    La gendarmerie a ouvert une enquête en flagrance pour dégradations volontaires. L’engin de marque Volvo était loué par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Le chantier avait démarré lundi 9 août 2021. Les archéologues intervenaient avant que soit construit un stockage d’eau destiné à l’irrigation agricole : Saint-Sauvant fait partie du projet de 16 " bassines " qui doivent être construites le long du bassin de la Sèvre niortaise, projet objet d’une controverse depuis 2017.

    Ce vendredi 13 août 1021, le président de la Coop de l’Eau, Thierry Boudaud, a " dénoncé fermement ces actes malveillants ". " Une enquête de la gendarmerie est en cours mais la thèse de l’acte volontaire semble privilégiée ", souligne-t-il.

    La Coop de l’Eau est la société qui porte le projet de stockages d’eau, au sein de laquelle sont associés les agriculteurs futurs utilisateurs.

    " Ces actes malveillants font suite à des actes de vandalisme déjà perpétrés en septembre dernier dans trois exploitations agricoles deux-sévriennes, ajoute Thierry Boudaud. Pour autant, une fois de plus, cela n’entamera pas notre volonté de poursuivre le dialogue avec tous nos interlocuteurs pour faire avancer notre projet. "

    En septembre 2020, les équipements destinés à l’irrigation avaient été la cible d’actes de vandalisme dans trois exploitations à Aigondigné et Prahecq.

    Cette semaine, le collectif Bassines, non merci ! avait publié sur sa page Facebook une photo de la pelle mécanique de Saint-Sauvant avec un texte commençant par : " Alerte rouge. Début des travaux à Saint-Sauvant ? "

    Bassines, non merci ! ne regrette-t-il pas aujourd’hui d’avoir sonné le toscin sur les réseaux sociaux au risque que quelqu’un passe à l’acte ?

    " Nous ne regrettons pas d’alerter : nous faisons passer de l’information aux citoyens et la réaction de chaque citoyen lui appartient ", répond Julien Le Guet, porte-parole de BNM, interrogé sur le sujet par La Nouvelle République.

    Le collectif explique qu’il n’a jamais opté pour ce type d’agissement. Mais il ne dénonce pas non plus ce qui s’est passé à Saint-Sauvant : " On prend acte. On ne dénonce pas. On l’avait annoncé. Ce vandalisme n’est pas étonnant, il correspond à ce que nous disions : s’il y a passage en force, les citoyens résisteront avec leurs armes, leurs moyens, leur culture. Nous, nous sommes prêts à discuter autour d’une table mais personne ne prend la balle au bond. On va continuer à sensibiliser le public ", déclare Julien Le Guet.

    Manifestation à Saint-Sauvant le dimanche 5 septembre

    BNM, qui programme une manifestation à Saint-Sauvant le dimanche 5 septembre 2021, explique par ailleurs ne pas avoir intérêt à bloquer l’intervention des archéologues : " Quand les archéologues trouvent des choses, c’est pour les porteurs de projets que ce n’est pas bon. "

    C’est la première fois que l’entreprise 2 Sévrienne Service perd un engin sur un chantier. " On redoutait ce genre de choses, explique le directeur, David Fichet. On avait d’ailleurs mis sur place une machine d’occasion. Mais c’est la première fois qu’un de nos engins est incendié. C’est un gros préjudice, entre 800 et 1.000 euros de perte d’exploitation par jour, et c’est un gars qui n’a plus de boulot. Je ne vais pas remettre de pelle mécanique et on ne prendra pas en charge un gardiennage de nuit. On a attendre de voir les décisions de l’Inrap. "

    L’entreprise a déposé plainte : le préjudice est estimé à 60.000 euros.

    Chose rare concernant un acte de malveillance, la préfète de la Vienne a adressé un communiqué de presse à la rédaction de Poitiers de La Nouvelle République pour " condamner " l’acte commis.

    Le chantier de fouilles est aujourd’hui à l’arrêt.

    article pécho sur la nouvelle République

  • Course-poursuite dans la Chambre d’agriculture des Deux-Sèvres

    Course-poursuite dans la Chambre d’Agriculture des Deux-Sèvres : Mr Renaudeau, le Président de la Chambre, recherché par le Collectif Bassines Non Merci 79

Qu’est-ce qu’une bassine ?

Les bassines sont des réserves d’eau géantes. Contrairement aux idées reçues, elles ne sont pas remplies par les pluies, mais principalement par pompage en hiver dans les nappes souterraines. Elles servent à irriguer des cultures intensives en été (maïs, tabacs, semences...) et permettent de sécuriser l’irrigation agricole telle qu’elle fonctionne depuis 40 ans.

Quelles sont les problématiques ?

SACCAGE DE LA RESSOURCE EN EAU

Les bassines ne sont pas des récupérateurs d’eau.
En hiver, près de 20 millions de m3 seraient pompés dans les nappes, au moment même où elles se rechargent, et sans savoir si les pluies suffiront à les remplir avant l’été. Maintenir, voire augmenter les prélèvements de certains irrigants n’est pas la réponse adaptée au changement climatique qui impose à tous des économies d’eau.
Pour l’approvisionnement en eau potable, le débit des rivières, le remplissage des zones humides et la biodiversité, les bassines sont un danger !

POMPAGE DE L’ARGENT PUBLIC

Un coût exorbitant de 72 millions d’euros, financés à 70 % par le financement public, pour les bénéfices privés de 4% seulement des agriculteurs et agricultrices.
Les éleveurs, les agriculteurs bio, les céréaliers non irrigués, les exploitants engagés dans la protection des captages d’eau potable… ne bénéficient pas des mêmes encouragements.
Double peine pour les contribuables qui financeront d’abord la construction des bassines et ensuite le coût de la dépollution de l’eau.
Le meilleur traitement contre la pollution et les déchets, c’est de les diminuer à la source.
Un détournement d’un bien commun au profit de quelques-uns.

ET NOTRE SANTÉ ?

Le projet des 43 bassines, c’est de maintenir les cultures intensives à haut rendement. Or ce modèle d’agriculture implique encore davantage de nitrates, de phosphates et de pesticides dans les nappes d’eau.
Autour de Poitiers, les taux de nitrates sont déjà dangereusement élevés (proche du maximum : 50 mg/l au robinet pour les nitrates).
Huit dérogations seront nécessaires en 2018 pour excès de pesticides dans l’eau du robinet ! L’agriculture intensive pose des problèmes sanitaires.
L’eau potable est un besoin vital !

NOUS AVONS BESOIN

  • d’une agriculture qui réponde aux besoins d’une alimentation saine, de proximité et qui rémunère dignement le travail des agriculteurs et agricultrices ;
  • d’une agriculture sans pesticides, sans OGM ;
  • d’une agriculture adaptée au réchauffement climatique ;
  • de l’instauration de circuits courts et bio et d’une agriculture paysanne qui crée des emplois ;
  • d’une réorientation des aides publiques pour soutenir ce modèle agricole alternatif ;
  • du partage équitable de la ressource en eau décidé de façon démocratique et publique ;
  • d’une protection efficace des captages d’eau potable.

Vienne Nature se positionne contre ces projets de bassines

L’objectif de ce programme est de contourner les restrictions d’arrosage d’été en pompant dans les nappes avant la sécheresse et en stockant l’eau dans des réserves, les fameuses bassines. Le lobby à l’œuvre derrière cette manœuvre espère en effet éviter les effets les plus visibles (et médiatiquement négatifs) de l’actuelle surexploitation de la ressource en eau : assecs de rivières et débits d’eau désastreux. Or il n’est point question d’économie d’eau dans ce programme, contrairement à ce qui est annoncé !

Ce programme cumule les défaillances et résume une politique de l’eau fondée sur la fuite en avant : renforcement des grandes cultures irriguées gourmandes en eaux et en pesticides, ignorance des enjeux de santé publique et du changement climatique...

Considérant la gravité de ces risques, les associations Vienne Nature, l’UFC Que Choisir Vienne, la Confédération Paysanne, l’ADEMA (Association de Défense de l’Environnement de Migné-Auxances), Vivre en Clain et Poitou-Charente Nature saisissent le tribunal administratif de Poitiers contre les arrêtés préfectoraux qui autorisent quatre groupements d’irrigants à construire et exploiter les réserves du bassin du Clain.

Lire la suite sur Vienne nature

Reportage d’Envoyé Spécial du 4 mars 2021

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