Compte-rendu acte 44 à Nantes : Bastion policier et rentrée réussie

Samedi 14 septembre avait lieu à Nantes l’acte 44 des Gilets Jaunes.
Les raisons de s’y rendre étaient multiples et la rentrée sociale large, tant Macron et ses forces s’attaquent à tou.te.s le monde et partout. Les appels à manifester étaient donc en lutte sur de nombreux front.
Malgré le dispositif d’armements et de peur pour l’empêcher, la manifestation a bien eu lieu.

L’ultra-violence n’est pas une politique nouvelle, ni à Nantes ni contre les manifestations Gilets Jaunes.
D’ailleurs la manifestation était particulièrement marquée par Steve, tué par la police lors de la fête de la musique. Il faisait partie de la douzaine de personnes foutues à la Loire à coups de grenades - au motif absurde que la fête n’était pas finie à l’heure.

La peur avait été insinuée bien en amont de la manifestation : la Préfecture, largement relayée par les médias, avait interdit la quasi totalité de la ville à la manifestation et annoncé une répression d’ampleur. Et au-delà, la peur est issue de l’année qui vient de s’écouler : Zineb Redouane tuée par la police, plus de vingts personnes éborgnées en manif’, des milliers de condamnations de militant.e.s... A Nantes en particulier, les été se succèdent et se ressemblent : après Aboubacar, tué d’une balle dans la gorge par un policier impuni, la situation se répète avec Steve - ou pour toute punition le commissaire sera pour quelques temps dans un bureau et devra à l’avenir foutre à l’eau les prochain.e.s dans un autre fleuve. [1]

Avant même que la manifestation ne commence samedi, la police organise le vol du homard géant en papier maché prévu pour la manif’. En même temps que l’amusant symbole de l’affaire de Rugy, plusieurs militant.e.s sont emportées et mises en GAV.
En ville, le déploiement est hallucinant : partout gendarmes mobiles et CRS, camions à eau et blindés (!). [2]

Le premier rendez-vous, un pique-nique appelé à midi, se passe plutôt bien et réuni environ deux cents personnes.
Par contre le point de départ de la manifestation en tant que telle, la place Delorme, se révèle impossible à atteindre : les flics occupent la place et les rues alentours, les personnes suspectes sont contrôlées. L’ambiance est à la peur et se réunir semble quasi impossible. Partout, dans les rues, les gens sont là pour la manifestation mais ne peuvent pas se rassembler. Ils marchent en petit groupe et essaient de comprendre quoi faire. Mais à chaque rue menant vers le centre ville, sur chaque place, les camions de flics remplissent l’espace, des petits groupes de CRS ou de GM bloquent les accès. Aux pires endroits, surplomblé par l’hélico et fermé par des grilles anti-émeutes, la ville est comme morte.

Malgré tout la manifestation parvient à se réunir à la croisée des trams et se dirige vers le Chateâu - suivant ainsi la route pas interdite par la Préfecture. Plus de deux milles personnes sont présentes. Mais un déploiement policier immédiat et hallucinant bloque la route. Rapidement la manifestation est repoussée vers la croisée des trams à coups de lacrymos. Chaque tentative de se déplacer se soldera par lacrymos, LBD, désencerclantes, etc...
Contrairement à l’annonce de la Préfecture, la manifestation à été nassée sur une bande allant de la Petite Hollande à Bouffay. Même Ouest-France est forcée de dresser ce constat. [3]
Déter’ jusqu’au bout, la manif’ à fait tout ce qu’elle a pu pour rester réunie. Elle à résistée aux lacrymos et aux attaques incessantes en refusant le plus possible de quitter le centre-ville et en reprenant du terrain chaque fois que c’était possible.
Vu le dispositif massif, une réussite en soi.

La répression légale est quand à elle déjà en cours contre les manifestant.e.s : la Préfecture annonce 33 interpellations et Ouest-France prétend savoir qu’il y aura 5 comparutions immédiates ainsi que des poursuites pour "associations de malfaiteurs" - une qualification destinée au grand banditisme que la Justice étend de plus en plus souvent aux militant.e.s. [4]

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