Le Chili se réveille

Pour contrer le silence médiatique des revendications du mouvement, rendez-vous mercredi 23 et jeudi 24 place de la mairie entre 16h et 18h.

Évènement Rennes por Chile

  • Première arrestation en application de la Loi de Sécurité Intérieure de l’État au Chili

    Le jeudi 17 octobre 2019, à Santiago (Chili), les lycéen·nes ont appelé à frauder massivement le métro suite à une nouvelle augmentation du prix du ticket. Ainsi de nombreuses fraudes et actes de désobéissances ont été perpétrés, principalement de la part des lycéen·nes, suivies par une forte répression.

    C’est à ce moment que Roberto, un jeune professeur de mathématiques et statistiques de 35 ans, a décidé de rejoindre la contestation et de se rebeller contre ce qu’il a instinctivement identifié comme le système qui l’opprime au quotidien. En rentrant du travail il s’est retrouvé dans une action de fraude massive, au milieu de l’agitation qui se déroulait dans la station de métro San Joaquín (ligne 5), le jeune homme aurait cassé les différents tourniquets et composteurs.

    Le jour suivant le mouvement de fraude continue et se multiplie, la rage monte, la révolte éclate, et dure encore aujourd’hui.
    Les jours passent ainsi que les nuits enflammées, avec les couvre-feu et les militaires dans la rue.
    Le soir du 29 octobre, alors que les protestations continuent dans le centre de Santiago, des membres de la BIPE-PDI (brigade de recherches spéciales de la police de recherche) arrêtent Roberto Campos Weiss à son domicile. Les images montrant Roberto à visage découvert détruisant des tourniquets constituent la principale et unique preuve contre lui. Il n’y a aucun mérite ni travail de recherche de la part de la police comme ils le prétendent pourtant dans la presse.

    Cela s’est fait sous la conduite de Fiscalía Sur (parquet ou bureau du procureur), nommé en tant qu’expert lors d’attentat avec explosion ou incendie, et cette instance est aujourd’hui clairement un persécuteur politique par excellence.
    La nouvelle GESTAPO s’est félicité de l’arrestation de Roberto, la considérant comme la première de la révolte et a décidé de la rendre officielle avec la Loi Sécurité Intérieure de l’État (Article 6, paragraphe C : « Ceux qui incitent à détruire, à rendre inutilisable, à interrompre ou à paralyser, ou de fait détruisent, rendent inutilisable, interrompent ou paralysent des installations publiques ou privées d’éclairage, d’électricité, d’eau potable, de gaz ou autres installations équivalentes ; et ceux qui réalisent quelque acte susmentionné avec pour but de suspendre, interrompre ou détruire les moyens ou matériels de quelconque service publique ou d’utilité publique »).

    Le nouveau ministre de la guerre (ou de l’intérieur, selon le cas), Gonzalo Blumel a demandé la peine maximale contre Roberto indiquant que « cette personne a profondément causé du tort à des centaines de milliers de familles chiliennes ». C’est sûr que pour Blumel la dizaine de personnes mortes, les centaines de blessé·es, les plus de 40 personnes qui ont perdu la vue et la dizaine de jeunes violé·es par les mercenaires en uniforme ne valent rien à côté de 4 composteurs détruits.

    Finalement, le 30 octobre, Roberto a affronté le lourd pouvoir judiciaire dans la 11° chambre du tribunal (Juzgado de Garantía) de Santiago, où la juge a validé l’utilisation de la « Loi de Sécurité de l’État » et a indiqué qu’il aurait probablement une peine de 5 ans. Elle a ajouté que « le sujet se considère légitimé par l’action collective, et cette attitude est encore plus dangereuse ». Elle a ordonné la détention préventive pour Roberto en quartier de haute sécurité durant la période d’enquête de 90 jours.

    Solidarité avec Roberto et tout·tes les détenu·es de la révolte d’octobre !
    Liberté pour les prisonnier·ères !
    Multiplions les expressions de solidarité envers les prisonnier·ères !
    A bas la Loi de Sécurité de l’État !

    P.-S. : Traduction de l’article paru sur Publicacion Refractario

  • Velaton pour les droits des chilien.ne.s vendredi 1 er novembre

    Venez à participer de la velaton pour les droits des chilien.ne.s, pour la santé, l’éducation, le salaire, mais surtout pour tous les chilien.ne.s qui ont été tués par les forces de l’ordre et les militaires.
    Venez avec votre bougie !

    RDV à 19h vendredi 1er novembre place de la mairie

  • Rassemblement dimanche 27 octobre à République

    Pour soutenir les manifestations chiliennes, RDV dimanche 27 octobre à République à partir de 17h30

Appel du rassemblement (traduction plus bas)

Nos juntaremos toda esta semana hasta el viernes de 16h a 18h en la Place de la Mairie.
Lleven sus pancartas e impriman los folletos para repartir e informar a la gente.

Estamos pidiendo autorización para el día sábado realizar algo más grande y masivo en el mismo lugar.

Además pueden compartir las imágenes informativas (azul, verde, amarillo y rojo) en sus distintas redes sociales !

Evadir, no pagar, otra forma de luchar !

[Vers. francophone]

Retrouvons-nous toute cette semaine jusqu"au vendredi de 16h à 18h place de la mairie.
Apportez vous pancartes et imprimez des tracts à distribuer aux passant·es.

Nous avons demandé l’autorisation pour samedi prochain pour organiser une manifestation de plus grande ampleur, et ce au même endroit.

Evadir, no pagar, otra forma de luchar ! (Slogan du mouvement chilien)


Ci-dessous un article de Rennes DTR

Chili : "Nous sommes en guerre..."

3ème journée de mobilisation au Chili.
Les actions se multiplient et la répression s’intensifie !
Auto-réductions dans les commerces, incendie des locaux d’un journal conservateur, affrontements avec les forces de l’ordre, concerts de casseroles qui se font entendre dans toute la ville, assemblées populaires, fraudes massives... Rien ne semblent pouvoir stopper la vague populaire qui submerge le pays.

☑️ "EVADE !"

Les manifestations ont débuté vendredi pour protester contre une hausse de 800 à 830 pesos (environ 1,04 euro) du prix des tickets de métro à Santiago.
Un appel vendredi à ne pas payer le métro a été largement suivi par la population. Face à l’ampleur des affrontements et des dégradations, le président est revenu samedi sur cette hausse en gelant les prix.

Mais cette décision n’a pas suffit à calmer les manifestants. Car l’augmentation des prix des transports collectifs ne représente que la surface visible des problèmes que dénoncent les manifestants.

Les politiques néolibérales au Chili ont privatisé les secteurs de l’éducation et de la santé mais également de la distribution de l’eau !
Les revendications des manifestants s’élargissent. Ils demandent aujourd’hui la semaine de travail de 40H (actuellement c’est 45H/semaine), une augmentation des pensions de retraite et des salaires...et la démission du gouvernement.

LA REPONSE DU POUVOIR

"Nous sommes en guerre contre un ennemi puissant, implacable, qui ne respecte rien ni personne et qui est prêt à faire usage de la violence et de la délinquance sans aucune limite", a déclaré le président Piñera à la presse ce dimanche soir.

En conséquence, face à la mobilisation et à l’impuissance des forces de l’ordre, le gouvernement a étendu l’Etat d’urgence à une grande partie du pays.
Les patrouilles de militaires dans les rues sont une première dans le pays depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990).
Les militaires ont utilisé leurs armes à plusieurs reprises, il y a déjà de nombreux blessés.
Le gouvernement tente de diviser les manifestants et de dresser la population contre eux en jouant sur les peurs. L’intervention de l’armée est le dernier recours d’un régime agonisant.

🔥 GUERRE SOCIALE

Le régime et la classe bourgeoise a de quoi s’inquiéter car c’est un mouvement spontané et déterminé qui enflamme le Chili. Confronté à une nouvelle vague d’austérité les populations se soulèvent sans attendre les appels des partis et des syndicats. Elles ne demandent plus seulement l’arrêt des politiques néolibérales mais de véritables avancées sociales et démocratiques. Elles prennent conscience de leurs forces collectives. Face aux politiques capitalistes pas de compromis, pas de paix.
Manifs, affrontements, pillages, grèves, fraudes... Tout doit être fait pour tordre le coup définitivement à ces régimes autoritaires.

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